Lors de sa mise au point du jeudi 13 août 2026, Augustin Kabuya a vigoureusement défendu le bilan de Félix Tshisekedi, notamment dans le secteur des infrastructures. Le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi a opposé les réalisations de l’actuel régime à celles des précédents pouvoirs, dénonçant au passage des cas de surfacturation qu’il attribue à la période de Joseph Kabila.
Guerre dans l’Est, routes, hôpitaux, universités, réforme constitutionnelle et attaques contre l’UDPS : Augustin Kabuya a répondu point par point aux critiques visant le Chef de l’État.
« Nous ne sommes pas des kuluna, nous avons des arguments »
Augustin Kabuya assume pleinement la défense du bilan de Félix Tshisekedi. Pour le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, les critiques formulées contre le Chef de l’État ne peuvent être combattues par de simples slogans, mais doivent être confrontées aux réalisations et aux chiffres.
« Nous ne sommes pas des kuluna, nous avons des arguments pour faire valoir le bilan du Chef de l’État », a-t-il déclaré au cours de sa mise au point.
Pour étayer son argumentaire, Augustin Kabuya a procédé à une série de projections montrant l’état de plusieurs infrastructures avant l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir et leur situation actuelle.
Universités, hôpitaux et routes ont notamment été présentés comme des exemples de la transformation opérée sous le pouvoir actuel.
Boulevard Triomphal : Kabuya évoque une surfacturation de 40 millions USD
Dans sa comparaison avec la période de Joseph Kabila, Augustin Kabuya a notamment cité le Boulevard Triomphal à Kinshasa.
Selon lui, une route d’environ quatre kilomètres, dont le coût aurait dû être de l’ordre de 4 millions de dollars américains, aurait finalement été facturée 40 millions de dollars.
Le secrétaire général de l’UDPS a également évoqué la réhabilitation de l’Hôpital du Cinquantenaire, affirmant que les travaux auraient été largement surfacturés.
Il avance ainsi un montant de 115 millions de dollars américains pour cette opération.
Ces chiffres ont été utilisés par Kabuya pour dénoncer ce qu’il considère comme des pratiques de surfacturation sous les précédentes administrations et, par contraste, défendre les choix opérés sous Félix Tshisekedi.
Il présente ainsi le bilan actuel comme une rupture avec les pratiques qu’il reproche aux régimes antérieurs.
Le coût de la guerre : 2,19 milliards USD par an
Autre argument majeur développé par Augustin Kabuya : le poids de la guerre dans les finances publiques.
A l’en croire, la guerre dans l’Est coûte 6 millions de dollars américains par jour au Trésor public.
Sur une année, ce montant représente :
6 millions × 365 jours = 2,19 milliards USD.
Pour Augustin Kabuya, cette enveloppe constitue un manque à gagner considérable pour le développement des infrastructures.
« Imaginez que s’il n’y avait pas la guerre et que cette somme on l’affectait à la construction des infrastructures, la RDC allait être transformée », a-t-il soutenu.
Il estime ainsi que l’évaluation du bilan de Félix Tshisekedi doit nécessairement intégrer le contexte sécuritaire et les ressources mobilisées pour faire face à la guerre.
Des routes « à usage unique » aux routes bétonnées
Augustin Kabuya a également opposé les infrastructures réalisées sous les anciens régimes à celles construites sous Félix Tshisekedi.
Il a qualifié certaines anciennes infrastructures de « routes à usage unique », dénonçant parallèlement des cas de surfacturation.
À l’inverse, il défend la construction de routes en béton sous Félix Tshisekedi, estimant que leur réalisation peut prendre davantage de temps en raison de la volonté de garantir leur durabilité.
« Avec Fatshi, toutes les routes sont bétonnées. Ça prend du temps parce qu’on veut livrer des routes de bonne qualité », a-t-il déclaré.
Université, hôpitaux : le tableau comparatif de Kabuya
Pour convaincre l’opinion, le secrétaire général de l’UDPS s’est appuyé sur plusieurs images.
À l’Université de Kananga, il a notamment montré des bâtiments et des conditions d’études qu’il jugeait fortement dégradés avant les travaux entrepris sous Félix Tshisekedi.
Même démarche pour l’Université de Mbuji-Mayi et l’IBTP/Kinshasa.
L’hôpital ex Maman Yemo a également été présenté comme un autre exemple de transformation.
Pour Kabuya, ces comparaisons doivent permettre aux Congolais de constater par eux-mêmes l’évolution des infrastructures.
« Quand nous faisons ces projections, ce n’est pas pour nous amuser, mais pour restituer la vérité », a-t-il soutenu.
« L’UDPS a échoué dans quel domaine ? »
Augustin Kabuya rejette par ailleurs l’idée d’un « régime UDPS ».
Il rappelle que Félix Tshisekedi gouverne dans le cadre d’une coalition politique.
« C’est un régime de coalition. Je ne dis pas que l’on a échoué. Nous étions avec les gens de Kabila en 2019. Il faut être intelligent. L’UDPS a échoué dans quel domaine ? », a-t-il lancé.
Pour lui, le bilan du pouvoir actuel doit être apprécié en tenant compte de la participation de plusieurs forces politiques à la gestion du pays.
Constitution : Kabuya appelle à se préparer au référendum
La réforme constitutionnelle a également occupé une place importante dans son intervention.
Augustin Kabuya affirme que le processus a franchi une étape décisive et que la bataille doit désormais porter sur le référendum.
« Je ne lâcherai pas », a-t-il martelé, avant d’appeler les militants de l’UDPS à se préparer pour la suite du processus.
Selon lui, la Cour constitutionnelle ayant déjà rendu sa décision concernant la loi sur le référendum, les opposants doivent cesser, à ses yeux, de maintenir l’opinion dans la confusion.
« Nous avons de l’avance à l’UDPS. Place au référendum », a-t-il déclaré.
Force du Progrès et Écidé : Kabuya dénonce une campagne contre l’UDPS
Le secrétaire général de l’UDPS est également revenu sur les accusations visant la Force du Progrès.
Il affirme avoir saisi la justice le 22 juin afin de faire établir les responsabilités concernant des personnes présentées comme membres de cette structure.
Selon lui, certains individus arrêtés ne seraient pas de véritables membres de la Force du Progrès, mais des personnes utilisées dans le cadre d’une campagne visant à salir l’image de l’UDPS.
Jeff Saile
