Un an après sa prise de fonctions à la tête du ministère des Mines, Louis Watum Kabamba affiche un bilan costaud. Raffinerie d’or, première exportation de lithium de la RDC, remontée du cobalt, participation accrue des Congolais dans le capital minier, formalisation de l’exploitation artisanale et promulgation de la loi sur le contenu local : autant d’initiatives qui traduisent la volonté de transformer le potentiel minier congolais en véritable levier de développement.
Il y a un an, Louis Watum Kabamba prenait les commandes du ministère des Mines avec une ambition claire : réformer le secteur, renforcer la gouvernance et faire davantage profiter les Congolais de leurs ressources naturelles.
Douze mois plus tard, les résultats mis en avant témoignent d’une dynamique qui se veut résolument tournée vers la transformation, la formalisation et la création de valeur.
Un bilan costaud sur plusieurs fronts
Le premier marqueur de cette première année concerne la transformation locale des ressources minières.
La mise en avant de la première raffinerie d’or présentée comme 100 % congolaise, ainsi que la première exportation de lithium de la RDC, illustrent cette volonté de dépasser le modèle traditionnel fondé essentiellement sur l’extraction et l’exportation des minerais.
L’objectif est désormais de transformer davantage les ressources en RDC, afin de créer plus de valeur ajoutée, d’emplois et d’opportunités pour les entreprises nationales.
Le cobalt au cœur de la stratégie
Autre élément important du bilan : la remontée du cobalt, minerai stratégique pour l’économie congolaise et pour la transition énergétique mondiale.
La RDC entend ainsi mieux valoriser ses minerais critiques et renforcer sa position sur les marchés internationaux.
Dans le même temps, le ministère met en avant la montée des Congolais dans le capital minier, une évolution qui s’inscrit dans la volonté de renforcer la souveraineté économique du pays.
L’enjeu est désormais de faire en sorte que les Congolais soient davantage présents non seulement dans l’exploitation et la sous-traitance, mais également dans la propriété et la gouvernance des actifs miniers.
1 489 coopératives et entités de traitement
Le bilan est également marqué par la formalisation de l’exploitation artisanale.
Le ministère fait état de 1 489 coopératives et entités de traitement ainsi que de la mise en avant de 64 Zones d’exploitation artisanale, de mécanismes de traçabilité et d’autres dispositifs visant à mieux encadrer les acteurs du secteur.
Cette formalisation doit contribuer à lutter contre la fraude, améliorer la traçabilité des minerais et permettre aux exploitants artisanaux d’évoluer dans un cadre plus structuré.
Le contenu local, une réforme majeure
Mais l’un des faits marquants de cette période reste la promulgation de la loi sur le contenu local.
Cette législation entend placer davantage les Congolais et les entreprises nationales au cœur de la chaîne de valeur minière.
Quatre objectifs sont particulièrement mis en avant : promouvoir les PME congolaises, renforcer la sous-traitance nationale, favoriser le transfert de compétences et faire du contenu local un véritable levier de développement.
Le processus avait été amorcé en août 2024, alors que Louis Watum était ministre de l’Industrie. Une commission avait alors été mise en place pour travailler à la réécriture de la législation sur la sous-traitance.
Le projet a ensuite été adopté en Conseil des ministres en juin 2025, avant d’aboutir à la promulgation de la loi.
Une nouvelle manière de gouverner le secteur minier
Au-delà des réalisations sectorielles, Louis Watum Kabamba veut également imprimer une nouvelle méthode de gouvernance.
Celle-ci repose notamment sur la transparence, la lutte contre la fraude, la traçabilité et la digitalisation des données minières, avec notamment le recours au Data Warehouse.
La philosophie est simple : mieux connaître les flux, mieux contrôler le secteur et améliorer la capacité de l’État à tirer profit de ses ressources.
Une année, un bilan costaud, mais des défis encore nombreux
Après douze mois, le bilan présenté autour de Louis Watum Kabamba apparaît donc costaud par l’ampleur des réformes et des chantiers engagés.
Mais le plus important reste à venir : transformer ces réformes en résultats durables sur le terrain, accroître les retombées économiques pour les populations et consolider la place des Congolais dans l’ensemble de la chaîne de valeur minière.
La transformation locale, le contenu local, la formalisation de l’artisanat et la gouvernance du secteur constituent désormais les principaux leviers de cette nouvelle dynamique.
Un an après son arrivée aux Mines, Louis Watum Kabamba peut ainsi se prévaloir d’un bilan costaud. Reste à transformer cette première étape en acquis durables pour faire du secteur minier un véritable moteur de développement et de souveraineté économique de la RDC.
Jeff Saile
