Après deux jours de conclave à Rome, la C64 vient de pondre des résolutions mi-figue mi-raisin.
Lorsqu’on analyse minutieusement leur communiqué, on peut le qualifier d’irréaliste et de simpliste lorsqu’il évoque l’organisation des élections dans le délai constitutionnel. Comment peut-on organiser aujourd’hui des élections démocratiques et inclusives dans le délai constitutionnel sans le Nord et le Sud-Kivu ? Le faire dans ces conditions, n’est-ce pas consacrer la yougoslavisation ou la soudanisation souhaitée et planifiée par Kabila et Kagame ?
Par contre, je salue leur volonté manifeste de participer au dialogue inclusif. Toutefois, ils doivent accepter de s’inscrire dans le processus de convocation du dialogue enclenché depuis un certain temps par le Chef de l’État, au lieu d’exiger encore « que cela se fasse d’une manière concertée ». Il est de coutume que lorsqu’un régime convoque une conférence, une table ronde ou une concertation, il s’arroge d’office la qualité de pouvoir organisateur. Les Belges l’ont fait à la Table Ronde de Bruxelles, Kasa-Vubu lors du conclave de Lovanium, Mobutu lors de la Conférence Nationale Souveraine, Kabila lors des concertations. Il me paraît légitime et légal que le pouvoir actuel, dirigé par Félix Tshisekedi, convoque le dialogue et en organise le cadre, avant de le confier à la facilitation.
Il y a un principe de droit administratif qui stipule que: les compétences sont d’attribution.
La priorité des priorités pour le pouvoir et l’opposition actuellement doit impérativement être l’unité, la paix et la cohésion nationale. Sur ce, mettons entre parenthèses nos divergences et différences pour sauver notre pays de la yougoslavisation.
Moïse Moni Della
Porte-parole du peuple
