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RDC : le parc agro-industriel de Bukanga Lonzo victime d’un « sabotage organisé » du gouvernement (Africom)

RDC : le parc agro-industriel de Bukanga Lonzo victime d’un « sabotage organisé » du gouvernement (Africom)

Le projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a été victime d’un « sabotage organisé » et d’abandon de la part du gouvernement, au profit des importateurs des vivres en République démocratique du Congo (RDC). Christo Grobler, responsable d’Africom-la société Sud-africaine Africom chargée d’exécution de ce projet l’a déclaré dans une interview exclusive accordée à Radio Okapi.

Alors que la commercialisation de la farine de maïs produite à Bukanga Lonzo avait déjà entrainé en 2015 une baisse de prix de cette denrée alimentaire sur le marché kinois, le gouvernement a brutalement suspendu le financement de ce projet, s’indigne Christo Grobler, l’administrateur d’Africom.

Pour l’entreprise sudafricaine, elle n’est pas impliquée dans le détournement de fonds du projet Bukanga Lonzo.

Cependant, Christo Grobler déplore des pertes énormes enregistrées par sa société. Ce qui les ont même poussés à saisir la cour internationale de médiation et d’arbitrage de Genève (Suisse).

« Nous avons saisi la Cour à Genève pour une médiation, parce que ce qui était arrivé et la manière dont nous avions quitté le pays, nous ne comprenions rien. Nous étions en partenariat avec le gouvernement et les travaux avançaient très bien et les preuves sont là », indique-il.

« Ni détournement, ni surfacturation »

En rapport avec les allégations de détournement de fonds et de surfacturation de différentes acquisitions, Christo Grobler se justifie :

« Il n’y a eu ni surfacturation ni détournement de fonds. Les prix que nous avons taxés n’étaient pas seulement le prix du tracteur mais c’était le prix de l’ensemble de service que le tracteur va leur fournir, y compris la maintenance pendant deux ans ».

Pour Christo Grobler, l’échec de Bukanga Lonzo a commencé avec l’avènement d’un nouveau gouvernement avant fin en 2016.

« Quand monsieur Matata Mponyo a quitté la primature, nos paiements sont allés en diminuant jusqu’à s’arrêter totalement. Et c’est à cette période que nos bureaux ont été totalement bombardés par les taxes, payez ceci payez ça nous étions vraiment harcelés », révèle-t-il.

Christo Grobler plaide donc pour la relance urgente du projet Bukanga Lonzo car son échec ne profite ni à la nation congolaise ni à Africom.

200 millions USD engloutis

Le projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a englouti plus de 200 millions USD du trésor public sans pouvoir atteindre ses objectifs, indique l’Inspecteur général des finances, dans son rapport.

En dépit de multiples problèmes ayant occasionné l’échec de ce projet, personne ne remet en cause sa pertinence et la nécessite de sa relance urgente pour assurer la sécurité alimentaire de la population.

Concernant le projet en soi, à la lumière du contrat de gestion de Bukanga Lonzo signé par le gouvernement congolais et son partenaire Africom, dont Radio Okapi s’est procuré la copie, la première phase du parc d’activité agricole était centrée sur la production de cultures de base (maïs) à Bukanga Lonzo.

Produire pour exporter

A côté de cette production, le parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a commencé à produire sur ses 80 000 hectares de terres plus de 500 tonnes de fruits et légumes par jour capables de répondre aux besoins de la population de Kinshasa, une partie du Kongo central et du Kwango, voire Brazzaville.

Ce parc devrait aussi cultiver les tubercules comme le manioc et les patates douces.

L’élevage du Bovin, du Caprin, du porc et des volailles était planifié à grande échelle en vue de répondre au besoin en viande de toute la partie ouest du pays.

Toutes ces productions devraient être transformées et manufacturées par une industrie montée sur place à Bukanga Lonzo grâce au génie sud-africain.

Si le projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo parvenait à atteindre ses objectifs, la ville de Kinshasa ne pourrait plus importer la viande, le poulet, la farine de semoule, le lait et les légumes. Elle pourra en revanche exporter sa production vers Brazzaville et Angola.

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