À Butembo, le débat fait rage autour du calendrier scolaire réaménagé pour l’année 2024-2025. Le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) exprime son rejet catégorique de la nouvelle date de fin des cours fixée au 5 août 2025, préférant que les examens débutent dès le 24 juin. Ce désaccord s’est cristallisé lors d’une réunion tenue à Kutulu, où plus de cent enseignants ont dénoncé une « punition injuste », affirmant avoir déjà bouclé le programme scolaire.
Le psychopédagogue Mathe Faustin met en garde contre les conséquences d’une telle précipitation : « une telle précipitation risque de compromettre la formation des élèves, déjà fragilisée par plus de deux mois de grève. » Selon lui, avancer les examens de façon drastique ne fera qu’aggraver une situation déjà délicate, où la qualité de l’enseignement reste menacée.
Reconnaissant les difficultés réelles rencontrées par les enseignants, notamment le non-respect des engagements de l’État envers eux, Mathe Faustin appelle néanmoins à la responsabilité collective : « Il ne reste qu’un mois. C’est peu, mais suffisant pour sauver l’essentiel. Les élèves ne doivent pas payer le prix d’un conflit qui les dépasse. » Son message souligne l’urgence de protéger les élèves au cœur de cette crise.
Face à ce bras de fer, le directeur provincial de l’Enseignement à Butembo a entrepris une campagne de sensibilisation en faveur du strict respect du calendrier officiel. Il insiste sur la nécessité d’une reprise ordonnée des activités scolaires, afin d’éviter que la situation ne se dégrade davantage.
Le climat reste néanmoins tendu entre les acteurs de l’éducation. Les enseignants, réunis au sein du SYECO, dénoncent l’impact négatif des décisions prises sans concertation et réclament un dialogue approfondi. Ce malaise révèle un fossé grandissant entre le corps enseignant et les autorités éducatives locales.
Pour Mathe Faustin, la clé pour sortir de cette impasse réside dans une communication sincère entre syndicats et gouvernement : « Il plaide également pour un dialogue sincère entre les syndicats et le gouvernement, afin de prévenir de telles crises à l’avenir. » Il exhorte toutes les parties à œuvrer ensemble pour garantir la continuité et la qualité de l’éducation dans la région.
Alors que le temps presse, l’enjeu est de taille : éviter que les élèves ne soient les victimes collatérales d’une crise sociale qui perdure, en sauvegardant l’intégrité de leur formation scolaire dans cette phase décisive de l’année académique.
Guelord Lubonzu
