Face à la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, les dirigeants africains changent de cap. Réunis à Nairobi ce vendredi 1ᵉʳ août 2025, les présidents William Ruto (Kenya) et Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe), aux côtés des représentants de l’Union africaine, de l’EAC et de la SADC, ont entériné une réforme inédite des mécanismes de médiation. Exit les approches parallèles et souvent désorganisées : place désormais à une action concertée, pilotée par un cadre unifié placé sous la houlette de la Commission de l’UA à Addis-Abeba. « Il était impératif de rationaliser nos efforts pour plus d’impact », a souligné Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine.
Au cœur de cette réforme, la création d’un secrétariat technique commun chargé de centraliser les démarches diplomatiques, d’harmoniser les mandats des médiateurs et de garantir un suivi cohérent du processus de paix. Une initiative qui entend mettre fin à la cacophonie institutionnelle dénoncée par plusieurs observateurs depuis des années. Les anciens chefs d’État Uhuru Kenyatta, Catherine Samba-Panza et Olusegun Obasanjo, impliqués dans les efforts de facilitation, ont également salué cette nouvelle dynamique, qui renforce la lisibilité et la cohérence des actions sur le terrain.
Concrètement, les médiateurs de l’Union africaine ainsi que les facilitateurs de l’EAC et de la SADC devront désormais rendre compte ensemble aux instances régionales et continentales dans une logique de transparence. Une avancée structurelle qui pourrait marquer un tournant diplomatique majeur dans la résolution des conflits à l’Est de la RDC. Si le sommet mixte EAC-SADC attend encore de formaliser les textes dans les prochains jours, cette volonté d’unifier les médiations témoigne d’un sursaut politique salué par les chancelleries africaines.
CB
