Au Sud-Kivu, un phénomène inquiétant alimente l’indignation des communautés locales. Plusieurs corps sans vie, en provenance des carrières minières de Nyangue et Misisi, dans le territoire de Fizi, sont transportés à moto vers Bukavu. Mais, faute de sécurité sur l’itinéraire, ces dépouilles sont souvent inhumées en chemin, loin des familles et sans cérémonies traditionnelles.
Cette situation bouleverse non seulement les normes coutumières, mais prive aussi les familles de la possibilité de rendre un dernier hommage à leurs proches. « Ce phénomène non seulement inquiète beaucoup, mais compromet aussi certaines coutumes. Ces enterrements sont en train de se faire, à cause des contraintes sécuritaires, en dehors des proches ou familiers des défunts », a déploré Justin Habakuki, défenseur des droits humains au Sud-Kivu.
Selon ce militant, les familles qui décident de rapatrier leurs proches espèrent des funérailles dignes, entourées d’amis et de collègues. Mais la recrudescence de l’insécurité empêche souvent l’arrivée des dépouilles à destination. « Lorsqu’on s’engage à expédier son familier décédé dans les carrières, c’est pour qu’il puisse recevoir des derniers hommages dignes de sa famille, amis, proches et collègues. Ces pauvres âmes n’arrivent plus à destination suite à l’insécurité », s’est-il désolé.
CB
