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Haut-Uele : Isiro paralysée, la population dénonce l’impuissance des autorités face à l’insécurité

La ville d’Isiro a tourné au ralenti ce mercredi. Excédée par la recrudescence de l’insécurité et l’absence de réponses efficaces des autorités provinciales, la population a observé une journée de paralysie générale pour exprimer sa colère et son ras-le-bol.

Commerces, marchés, stations-services, dépôts, alimentations, comptoirs d’achat d’or et établissements scolaires sont restés fermés. Une ville habituellement animée s’est retrouvée presque déserte, illustrant l’ampleur du mécontentement populaire face à une situation sécuritaire devenue alarmante.

À travers des calicots portant les slogans « Pas d’école », « Pas de travail » et « Pas de marché », les manifestants ont voulu démontrer qu’il n’est plus possible de mener une vie normale dans une ville où les citoyens vivent quotidiennement dans la peur. Enlèvements, braquages, vols à main armée, violences sexuelles et assassinats se multiplient, laissant la population à la merci des criminels.

La marche s’est achevée devant le gouvernorat provincial où un mémorandum a été remis aux autorités. Les organisateurs y dressent un constat sévère : malgré les promesses et les dispositifs annoncés, les autorités provinciales peinent à garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. Cette incapacité nourrit un sentiment d’abandon au sein de la population, qui estime être livrée à elle-même face à la criminalité.

Les manifestants ont également dénoncé le dysfonctionnement de certaines institutions judiciaires locales, accusées de ne pas offrir une justice équitable à tous les citoyens. Cette perte de confiance dans les mécanismes de sécurité et de justice accentue davantage le fossé entre les gouvernants et les administrés.

Fait révélateur, cette mobilisation s’est tenue malgré son interdiction préalable par les autorités provinciales. Un choix qui traduit la détermination d’une population décidée à faire entendre sa voix face à ce qu’elle considère comme l’inaction des responsables censés assurer sa protection.

Au-delà d’Isiro, cette colère populaire intervient dans un contexte sécuritaire préoccupant dans plusieurs territoires du Haut-Uele. Alors que l’attention nationale reste largement focalisée sur l’Est du pays et les conséquences de la crise sécuritaire impliquant l’AFDC-M23, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la détérioration de la sécurité dans cette province du nord-est de la RDC.

Les récentes incursions armées signalées dans la région de Mungbere, finalement repoussées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ont mis en évidence la vulnérabilité de certaines localités et ravivé les inquiétudes de la population. Pour de nombreux habitants, ces incidents auraient dû conduire à un renforcement immédiat des mesures de prévention et de protection.

Face à la montée de la criminalité et à la multiplication des actes de violence, plusieurs citoyens reprochent aux autorités politico-administratives provinciales leur manque d’anticipation et de réactivité. Beaucoup estiment que les préoccupations sécuritaires de la population ne bénéficient pas de toute l’attention qu’elles méritent, alors que la protection des personnes et de leurs biens demeure la première responsabilité de l’État.

Cette journée ville morte constitue ainsi un désaveu cinglant pour les autorités du Haut-Uele. Elle met en évidence l’urgence pour les décideurs provinciaux et nationaux de prendre des mesures concrètes afin de restaurer l’autorité de l’État, rétablir la sécurité et redonner confiance à une populationnte de l’insécurité.nte de l’insécurité. qui refuse désormais de vivre sous la menace permanente de l’insécurité.

Dany Musangu

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