Trois ressortissants chinois travaillant sur un site minier situé dans le village de Kibi, en chefferie de Rutuku, à une trentaine de kilomètres de Kalemie Centre, auraient été enlevés ce lundi 17 août 2026 par des hommes armés non identifiés. Cet incident, qui survient dans une zone jusque-là réputée relativement stable, remet au premier plan les préoccupations liées à la sécurité des opérateurs économiques dans cette partie de la province du Tanganyika.
Selon les informations recueillies, les victimes regagnaient leur base après avoir été interpellées dans des circonstances qualifiées d’irrégulières par un travailleur du site.
Elles auraient ensuite été remises en liberté sur instruction du ministre provincial de l’Environnement. C’est au cours de leur retour qu’elles seraient tombées dans une embuscade tendue par des hommes armés.
Le chauffeur qui les accompagnait aurait, pour sa part, réussi à échapper à l’attaque avant d’alerter les autorités. Les circonstances exactes de cet enlèvement restent toutefois à établir par une enquête officielle.
L’affaire intervient alors que le ministre provincial de l’Environnement effectue une mission dans cette partie de la province. Elle soulève également des interrogations sur les conditions sécuritaires dans les zones minières, notamment celles accueillant des investisseurs étrangers.
Un enregistrement audio attribué à un employé de la concession minière fait par ailleurs état de plusieurs tracasseries administratives et sécuritaires auxquelles seraient confrontés les exploitants du site, particulièrement les investisseurs chinois. Ces accusations, qui doivent encore être vérifiées, viennent accentuer les interrogations autour du climat dans lequel évoluent les opérateurs économiques dans cette zone.
Face à la situation, le ministre provincial de l’Intérieur, Dox Donnât Eahele, aurait donné des instructions aux services de sécurité pour boucler la zone et lancer les opérations de recherche des personnes enlevées ainsi que de traque des auteurs présumés. Malgré cette réaction, aucune communication officielle n’a, à ce stade, fait état de l’évolution des opérations.
Cet enlèvement constitue un sérieux revers pour les autorités provinciales chargées de la sécurité. La survenue d’un tel incident dans une zone présentée comme relativement stable met notamment en lumière les difficultés auxquelles reste confrontée l’administration provinciale pour garantir la sécurité des personnes et des investissements.
La situation pourrait également affecter le climat des affaires dans le Tanganyika, au moment où les autorités provinciales, sous la conduite du gouverneur Christian Kitungwa Muteba, affichent leur volonté de promouvoir les investissements et de renforcer la sécurité dans la province.
La communauté chinoise du Tanganyika appelle ainsi les autorités compétentes et les services de sécurité à diligenter une enquête approfondie afin de retrouver les trois ressortissants enlevés, d’identifier leurs ravisseurs et de les traduire devant la justice.
En attendant les résultats de l’enquête, cette affaire place le ministre provincial de l’Intérieur, Dox Donnât Eahele, devant ses responsabilités et relance le débat sur l’efficacité du dispositif sécuritaire dans les zones minières du Tanganyika.
Antoine Botshili
