Alors que la République démocratique du Congo affiche un potentiel économique exceptionnel et des perspectives de croissance régulièrement saluées, la réalité quotidienne de la majorité des Congolais demeure marquée par la pauvreté et le manque d’accès aux services essentiels. Dans une tribune engagée, Coco Engongolo invite à une réflexion profonde sur les causes de ce décalage entre les performances macroéconomiques et les conditions de vie de la population.
Pour Coco Engongolo, l’immensité des ressources naturelles de la République démocratique du Congo ne s’est pas encore traduite par une amélioration significative des conditions de vie de la population. Selon lui, le contraste entre les performances économiques affichées et la réalité sociale constitue l’un des plus grands paradoxes du pays.
L’auteur dresse un constat préoccupant : accès limité à l’électricité et à l’eau potable, système de santé fragile, éducation confrontée à de nombreux défis, chômage élevé, faibles revenus et pouvoir d’achat en berne. À ses yeux, ces indicateurs démontrent que la croissance économique, à elle seule, ne suffit pas à garantir un développement inclusif.
Dans son analyse, Coco Engongolo estime que l’une des principales difficultés réside dans la faible maîtrise de la traçabilité des activités économiques génératrices de recettes publiques. Il évoque également la fraude douanière, fiscale, minière et foncière, ainsi que des pratiques telles que le clientélisme, le favoritisme, le tribalisme et le clanisme, qui, selon lui, limitent l’efficacité de l’action publique.
L’auteur plaide pour une meilleure connaissance du patrimoine national à travers une localisation, une quantification, une évaluation et une certification rigoureuses des ressources minières, forestières et des autres richesses stratégiques du pays. Une telle démarche permettrait, selon lui, d’optimiser leur exploitation et d’accroître les revenus de l’État.
Abordant les contrats miniers conclus avec certains partenaires étrangers, Coco Engongolo estime qu’une plus grande transparence est nécessaire, notamment concernant le contrôle des minerais extraits et de certains sous-produits issus de leur transformation, parfois désignés comme le « bonus du fondeur ».
Pour lui, une meilleure traçabilité renforcerait les recettes publiques et la confiance des citoyens.
Il attire également l’attention sur la forte dépendance des finances publiques aux taxes et redevances liées aux importations et aux exportations. À son avis, la multiplication des prélèvements et des intermédiaires alourdit les charges des opérateurs économiques et se répercute inévitablement sur le coût de la vie des ménages.
En conclusion, Coco Engongolo appelle à une réforme en profondeur de la gouvernance économique. Il estime qu’une gestion plus transparente des ressources naturelles, un meilleur contrôle des recettes publiques et une utilisation plus efficace des fonds de l’État constituent des conditions essentielles pour transformer les immenses richesses de la RDC en un développement réellement bénéfique à l’ensemble de la population.
L’auteur précise enfin que cette tribune ne vise ni à désigner des responsables ni à imposer une vérité.
Elle se veut une contribution au débat public, fondée sur son expérience professionnelle et son attachement à la République démocratique du Congo, avec l’ambition de nourrir une réflexion collective sur les voies d’un développement plus juste, plus inclusif et plus durable.
Jeff Saile
