Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a signé le 3 novembre 2025 un arrêté prorogeant de trois mois le statut « rouge » imposé à plusieurs sites miniers situés dans les territoires de Masisi (Nord-Kivu) et de Kalehe (Sud-Kivu). Cette mesure exceptionnelle vise à freiner l’exploitation et le commerce illicites des minerais qui se sont intensifiés depuis la reprise du conflit armé dans l’Est du pays. Les autorités congolaises justifient cette décision par la persistance de pratiques clandestines alimentées par des groupes armés et des forces étrangères identifiées dans des enquêtes récentes.
Selon l’arrêté ministériel, cette prorogation s’appuie sur les conclusions du Groupe d’Experts de l’ONU, qui dénonçait fin 2024 une exploitation minière organisée et structurée par l’armée d’un État membre de la CIRGL, en collaboration avec des milices opérant dans la région. Le ministère des Mines affirme que ces activités illicites menacent la souveraineté nationale, compromettent la traçabilité des minerais et fragilisent le système de certification mis en place par la RDC et ses partenaires internationaux.
Les sites concernés parmi lesquels D2 Tshumba, Tulume, Kalinga, Nyenyezi, Kalemange, Bukenya ou encore Katasomwa demeurent classés « rouge », signifiant qu’ils ne répondent pas aux normes de sécurité, de légalité et de transparence définies par les standards CTC, OCDE et CIRGL. Le ministère indique que ces sites pourront néanmoins faire l’objet d’audits indépendants, initiés soit par l’État, soit par des partenaires techniques internationaux, afin d’évaluer l’évolution de la situation sur le terrain.
Louis Watum Kabamba insiste sur « l’urgence » d’assainir les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques, dans un contexte où la RDC tente de protéger ses ressources naturelles face aux réseaux criminels et à l’ingérence étrangère. Le ministre charge plusieurs services publics Cadastre Minier, CEEC, SAEMAPE et Inspection des Mines de veiller à l’application stricte de cette mesure, en rappelant que la lutte contre le trafic des minerais reste une priorité nationale.
CB
