Dans un message publié ce mercredi 26 novembre sur son compte X, Denis Mukwege, figure de l’opposition congolaise et ancien lauréat du prix Nobel de la paix, a lancé un signal d’alarme face à la recrudescence des abus commis dans l’Est de la RDC. Le médecin déclare être « écœuré par les exécutions sommaires au Sud-Kivu », qu’il estime comparables aux atrocités documentées dans le « Rapport Mapping de Human Rights (1993-2003) ». Ces propos interviennent alors que plusieurs zones du Sud-Kivu connaissent une dégradation soudaine de la situation sécuritaire.
Mukwege affirme que « plus de 22 personnes ont été sauvagement abattues à Irhambi Katana » dans la nuit du 23 au 24 novembre, à la suite d’affrontements entre groupes d’autodéfense et combattants du M23/RDF. Selon lui, ces jeunes hommes auraient été « d’abord arrêtés » avant d’être « exécutés par les éléments du M23 ». Il décrit également un climat d’insécurité généralisée où « filles, garçons, mères ou pères » subiraient chaque jour des violences physiques, parfois mortelles, évoquant même « un nouveau royaume négrier en Afrique, dont Kigali tient les commandes ».
L’ancien candidat président,dénonce en outre l’attaque du centre de santé de Chahoboka/Katana, où un patient et deux accompagnants ont été tués. « Attaquer une structure médicale constitue une violation grave du droit international humanitaire et un crime de guerre », rappelle-t-il fermement. Face au silence qu’il juge inquiétant de la communauté internationale, Mukwege exhorte le continent à réagir : « Si le monde a décidé de garder silence, l’Afrique ne doit pas rester indifférente face aux atrocités commises et à la traite négrière dans l’Est de la RDC depuis trois décennies. »
CB
