Un nouveau dossier judiciaire suscite tension et inquiétude à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
L’activiste pro-démocratie Christian Kambi Mateleka, président de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) Tshopo, est attendu ce lundi 16 février 2026 au parquet général près la Cour d’appel de Kisangani pour être auditionné.
Initialement convoqué pour le vendredi 13 février, Me Christian Kambi a, par l’entremise de ses avocats, sollicité une remise. Celle-ci a été accordée jusqu’à lundi.
Dans les milieux de la société civile, les interrogations persistent. Pour de nombreux observateurs, cette procédure serait directement liée à son activisme.
Le premier vice-président de la NDSCI, Gentil Sefu, a lui aussi été convoqué. Cependant, selon ses proches, il ne comparaîtra pas, le mandat ne lui ayant pas été régulièrement notifié.
Face à ce qu’ils qualifient d’« épreuve majeure », les défenseurs des droits humains, des journalistes et plusieurs autres acteurs de la société civile se mobilisent pour accompagner l’activiste au parquet et exprimer leur solidarité envers un juriste qui défend les droits des opprimés et les intérêts du peuple.
Dans un message diffusé ce vendredi 13 février, le collectif des défenseurs des droits humains invite les professionnels des médias et les activistes à se rendre nombreux au parquet général lundi à 10 heures, afin de témoigner leur soutien.
Pour les initiateurs de cet appel, il ne s’agit pas seulement de défendre un homme, mais également de préserver les principes démocratiques et l’État de droit.
Plusieurs voix dénoncent par ailleurs un climat de plus en plus tendu dans la Tshopo. Les activistes qui réclament davantage de transparence et de redevabilité dans la gestion des fonds publics affirment faire l’objet de pressions et de poursuites.
Cette affaire intervient alors que la NDSCI est engagée dans une procédure judiciaire contre une entreprise bénéficiaire de fonds publics pour l’asphaltage de 21 kilomètres de voirie urbaine à Kisangani, notamment sur l’axe menant à l’aéroport international de Bangboka.
Tout en exprimant leurs inquiétudes, les activistes disent faire confiance à la justice de la République. Ils préviennent néanmoins qu’ils dénonceront toute tentative de porter atteinte à l’État de droit dans la province.
LB
