Une fracture politique semble se dessiner au sein de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) au Sénat. Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 mars 2026, les sénateurs de ce regroupement ont pris leurs distances avec leur autorité morale, Modeste Bahati Lukwebo, après ses récentes déclarations critiques sur le projet de révision de la Constitution. Le groupe parlementaire a tenu à réaffirmer son attachement à la ligne politique de la majorité présidentielle et son soutien au chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Dans leur communication, les élus de l’AFDC-A expliquent que les propos tenus par leur leader n’ont fait l’objet d’aucune concertation interne. Ils estiment que cette prise de position relève d’une démarche strictement personnelle et ne saurait engager l’ensemble du groupe. Les sénateurs ont ainsi clairement indiqué qu’ils ne se reconnaissent pas dans cette sortie médiatique et ont invité le deuxième vice-président du Sénat à assumer les conséquences politiques découlant de ses déclarations.
La controverse trouve son origine dans une conférence de presse organisée le 4 mars dernier à Kinshasa. Au cours de cette intervention, Modeste Bahati Lukwebo avait exprimé son opposition à toute modification de la Constitution, soutenant que les difficultés du pays ne résident pas dans les textes mais plutôt dans leur application par les dirigeants. Il avait également rappelé que le mandat du président de la République court jusqu’en 2028, une affirmation interprétée par certains acteurs politiques comme un désaveu des voix au sein de la majorité favorables à une révision constitutionnelle.
Cette prise de position a rapidement suscité des remous au Sénat. Le sénateur Dany Kabongo Bondanya a initié une motion de défiance visant le deuxième vice-président de la chambre haute. Parallèlement, une pétition circulerait parmi les parlementaires pour soutenir cette démarche. Selon son initiateur, le document aurait déjà recueilli près d’une quarantaine de signatures, signe d’un malaise grandissant autour de la position de Bahati Lukwebo au sein de la majorité politique.
CB
