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Doudou Fwamba et la révolution silencieuse du capital congolais

Par l’ambassadeur PCA Jean Thierry Monsenepwo.

Dans l’histoire économique des nations, il existe des réformes qui gèrent le présent et d’autres qui façonnent l’avenir. La création d’un marché financier national appartient incontestablement à la seconde catégorie.

En défendant dernièrement devant le Sénat le projet de loi relatif aux marchés financiers et à la création de la Bourse de Kinshasa, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, vient d’inscrire son nom parmi les artisans des grandes transformations structurelles de la République.

D’un point de vue scientifique et économique, la richesse d’une nation ne se mesure pas uniquement à ses ressources naturelles, mais surtout à sa capacité à transformer l’épargne en investissement productif. C’est précisément le rôle d’un marché financier moderne. Là où les économies traditionnelles reposent essentiellement sur le crédit bancaire, les économies émergentes et développées disposent d’un second moteur : les marchés des capitaux.

Grâce à cette réforme, la RDC se dote enfin d’un instrument capable de canaliser l’épargne nationale vers le financement des entreprises, des infrastructures et des grands projets de développement. Ce mécanisme permettra de réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs tout en créant une nouvelle culture de l’investissement parmi les Congolais.

Mais l’aspect le plus révolutionnaire de cette réforme réside ailleurs : elle démocratise le capital.

Pour la première fois dans notre histoire contemporaine, un citoyen congolais pourra devenir actionnaire d’entreprises publiques ou privées en acquérant des titres sur le marché financier. L’ouvrier, l’enseignant, le commerçant, le fonctionnaire ou le jeune entrepreneur pourront participer directement à la création de richesse nationale et bénéficier des performances des entreprises dans lesquelles ils auront investi.

C’est une mutation profonde de notre modèle économique. Le peuple ne sera plus seulement consommateur de l’économie ; il pourra devenir copropriétaire de sa croissance.

Sur le plan politique, cette avancée traduit la volonté du Président de la République, Félix Tshisekedi, de moderniser les fondements mêmes de l’État congolais. Après les réformes du climat des affaires, les Eurobonds, la numérisation de plusieurs secteurs stratégiques, l’assainissement progressif des finances publiques et la volonté d’intégrer davantage la RDC dans les circuits financiers internationaux, la création de la Bourse de Kinshasa constitue une nouvelle étape vers l’émergence d’une économie plus compétitive, plus transparente et plus inclusive.

Ce n’est donc pas simplement une loi qui a été présentée devant le Sénat. C’est un changement de paradigme.

Attendue depuis près de cinquante-cinq ans, cette réforme ouvre la voie à une meilleure valorisation des entreprises congolaises, à l’attraction des investissements nationaux et internationaux, à la création de nouveaux emplois qualifiés dans les secteurs de la finance, de l’assurance, de l’intermédiation boursière et de la gestion d’actifs.

L’unanimité obtenue au Sénat n’est pas seulement un succès parlementaire. Elle témoigne de la pertinence d’une vision et de la qualité du travail technique qui l’a portée.

L’histoire économique retiendra que sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi et grâce à la détermination du Ministre Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la République démocratique du Congo a choisi de passer d’une économie essentiellement fondée sur l’exploitation des ressources à une économie davantage fondée sur la mobilisation du capital.

Les nations qui se développent durablement sont celles qui permettent à leur peuple de devenir propriétaire de leur avenir. La future Bourse de Kinshasa pourrait bien être l’un des instruments les plus puissants de cette ambition.

Et si demain des millions de Congolais deviennent actionnaires des entreprises qui bâtissent le pays, alors cette réforme apparaîtra comme l’une des décisions économiques les plus visionnaires de la Troisième République.

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