Prenant la parole lors du Forum parlementaire sur le renseignement et la sécurité organisé à Addis-Abeba, en Éthiopie, le sénateur congolais Salomon Kalonda a livré un plaidoyer en faveur de la défense des principes démocratiques sur le continent africain. Son intervention a porté sur ce qu’il considère comme les nouvelles menaces qui pèsent sur les institutions africaines, notamment les « coups d’État constitutionnels », qu’il juge tout aussi dangereux que les putschs militaires.
Face à des parlementaires et à plusieurs acteurs impliqués dans les questions de gouvernance, de sécurité et de stabilité institutionnelle, le sénateur a estimé que l’Afrique est aujourd’hui confrontée à deux formes de coups d’État.
Selon lui, la première est le coup d’État militaire, caractérisé par la prise du pouvoir par la force. « Il est brutal, visible et immédiatement condamné. Lorsqu’un militaire renverse un président, la communauté internationale réagit, l’Union africaine suspend généralement le pays concerné et des sanctions sont prises », a-t-il expliqué.
En revanche, Salomon Kalonda affirme que la seconde forme est plus difficile à identifier parce qu’elle s’appuie sur les mécanismes institutionnels.
Il parle de « coup d’État constitutionnel », un processus qui, selon lui, consiste à modifier les règles du jeu démocratique afin de permettre à un dirigeant de prolonger son maintien au pouvoir sous couvert de légalité.
À l’en croire, ce type de démarche peut passer par la convocation d’une assemblée constituante, l’organisation d’un référendum ou encore la mise en place d’institutions appelées à valider des réformes constitutionnelles favorables au pouvoir en place.
« Deux formes de coups d’État. Deux visages du même mal : la confiscation du pouvoir souverain du peuple », a déclaré le sénateur devant les participants.
Salomon Kalonda a également dénoncé ce qu’il considère comme une différence de traitement entre ces deux situations. D’après lui, les coups d’État militaires font systématiquement l’objet de condamnations internationales, tandis que les modifications constitutionnelles controversées visant à prolonger le pouvoir de certains dirigeants suscitent souvent peu de réactions.
Pour le sénateur, cette « asymétrie » affaiblit les efforts de consolidation démocratique sur le continent. Il a soutenu qu’aucune forme de confiscation du pouvoir ne devrait être tolérée, quelle que soit la méthode employée.
Dans son intervention, il a appelé les institutions africaines ainsi que les partenaires internationaux à adopter une position cohérente face à toutes les atteintes aux principes démocratiques, qu’elles soient militaires ou institutionnelles.
En conclusion, Salomon Kalonda a averti que la stabilité politique de l’Afrique dépendra de la capacité des États et des organisations régionales à garantir le respect des Constitutions, l’alternance démocratique et la souveraineté populaire. Selon lui, tant que certaines formes de remise en cause de la démocratie continueront d’être tolérées, les institutions africaines resteront exposées à des crises politiques récurrentes.
Cette version conserve un ton neutre et journalistique tout en développant les arguments avancés par le sénateur.
Jeff Saile
