Le départ du président fédéral de l’UDPS Équateur vers l’AREP de Guy Loando ravive le débat sur les pratiques de débauchage politique en RDC. Si les transferts d’acteurs politiques sont légaux, le recrutement ciblé au sein d’un parti allié interroge : jusqu’où peut aller la compétition politique au sein de la majorité présidentielle ?
L’annonce par Augustin Kabuya du départ du président fédéral de l’UDPS Equateur vers l’AREP de Guy Loando n’est pas passée inaperçue. Tout en rappelant que l’adhésion à un parti politique est un droit garanti à chaque citoyen, le secrétaire général de l’UDPS a souhaité « bonne chance » au désormais ancien cadre de sa formation.
Mais au-delà de cette réaction empreinte de retenue, une question mérite d’être posée : l’AREP de Guy Loando est-elle en train de franchir une ligne rouge en recrutant au sein d’un parti pourtant membre de la même majorité présidentielle ?
Dans une coalition, la concurrence politique est certes admise. Cependant, lorsque les formations alliées se disputent ouvertement leurs cadres, le risque est de fragiliser la cohésion de la plateforme et d’alimenter des tensions internes.
Cette stratégie de recrutement peut être perçue comme une simple démonstration de vitalité politique, mais aussi comme une pratique susceptible d’éroder la confiance entre partenaires.
Le cas de l’Equateur ouvre ainsi un débat plus large sur l’éthique des rapports entre partis alliés. Faut-il considérer ces adhésions comme un exercice normal de la liberté politique ou comme une forme de débauchage qui affaiblit les équilibres de la majorité ?
En posant cette question, l’affaire dépasse le simple changement d’appartenance d’un responsable politique. Elle interpelle les acteurs de la majorité sur les règles de coexistence qu’ils souhaitent instaurer et sur les limites qu’ils sont prêts à respecter pour préserver leur unité.
Jeff Saile
