À Ensemble pour la République, les dernières décisions disciplinaires ne passent pas inaperçues. La mise à l’écart d’Hervé Diakese Kyungu et l’exclusion de Grâce Omari Matandiko interviennent après une séquence politique marquée par les tensions entre deux figures majeures de l’entourage de Moïse Katumbi : Olivier Kamitatu et Salomon Idi Kalonda.
De quoi relancer les interrogations sur la nouvelle configuration du pouvoir au sein du parti.
Le parti de Moïse Katumbi vient de resserrer les rangs. Deux de ses membres sont frappés par des mesures disciplinaires qui traduisent, à tout le moins, la volonté de la direction d’imposer davantage de discipline dans ses rangs.
Hervé Diakese Kyungu, jusqu’ici porte-parole d’Ensemble pour la République, perd momentanément ses fonctions. Sa suspension s’accompagne d’une interdiction d’exercer toute activité ou tout engagement au nom de la formation politique.
Le dossier n’est toutefois pas définitivement tranché. L’intéressé est appelé à comparaître devant le Comité des Sages du parti, chargé d’examiner les faits qui lui sont reprochés.
Le cas de Grâce Omari Matandiko est, lui, beaucoup plus tranché. Le cadre est définitivement exclu d’Ensemble et ne peut désormais plus agir au nom de la formation politique.
Deux décisions, deux destins différents, mais une même conséquence : le paysage interne d’Ensemble connaît un nouveau réajustement.
Cette séquence intervient quelques semaines seulement après l’épisode ayant opposé, dans l’espace politique katumbiste, Olivier Kamitatu et Salomon Idi Kalonda. Une passe d’armes qui avait alimenté de nombreuses lectures sur les rapports de force autour de Moïse Katumbi.
Les deux hommes représentent depuis longtemps des pôles importants de l’entourage du président d’Ensemble. Kamitatu dispose d’une longue expérience politique et institutionnelle, tandis que Kalonda, alias SK Della, s’est imposé au fil des années comme un interlocuteur particulièrement proche du leader d’Ensemble.
La confrontation entre les deux hommes avait finalement été apaisée. Mais elle avait eu le mérite de mettre en lumière une réalité souvent moins visible : au sein d’un parti organisé autour d’une figure centrale, la question de l’influence des différents cercles reste déterminante.
Les nouvelles sanctions peuvent-elles être lues à travers ce prisme ? Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer que Salomon Kalonda aurait directement joué un rôle dans les décisions concernant Hervé Diakese et Grâce Omari. Toute conclusion définitive sur ce point serait prématurée.
Mais politiquement, la séquence interpelle.
Car chaque sanction modifie les équilibres. Chaque départ libère un espace. Et chaque espace vacant peut, à terme, renforcer certaines influences plutôt que d’autres.
C’est précisément ce qui place désormais SK Della sous les projecteurs. Sa proximité avec Moïse Katumbi, son ancienneté dans le dispositif et son poids politique en font naturellement l’un des hommes à observer dans cette nouvelle phase.
La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si Salomon Kalonda a « gagné » contre Olivier Kamitatu. Elle est plutôt de déterminer qui dispose aujourd’hui de la plus grande capacité d’influence autour de Moïse Katumbi.
À Ensemble pour la République, la bataille des hommes pourrait ainsi laisser place à une bataille plus discrète : celle du contrôle des réseaux, de la confiance du leader et de l’orientation politique du parti.
Après Kamitatu-Kalonda, les sanctions contre deux cadres ouvrent-elles une nouvelle page dans la recomposition interne d’Ensemble ? SK Della en sortira-t-il renforcé ?
Attendons voir la suite des évènements.
Jeff Saile
