Le président intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, est monté au créneau contre les avocats Bernard Maingain et Hervé Diakiese dans le dossier judiciaire lié à la famille du président Félix-Antoine Tshisekedi. Lors d’une matinée politique organisée le mardi 20 octobre au siège du parti présidentiel, à Limete, il a contesté ces avocats, accusant le premier de servir les intérêts du président rwandais Paul Kagame et présentant le second comme proche de Moïse Katumbi. Pour Augustin Kabuya, cette affaire s’inscrirait dans une stratégie visant à ternir l’image du chef de l’État, sur fond de tensions autour d’un éventuel changement de la Constitution.
Le dossier des perquisitions en Belgique impliquant des intérêts liés à la famille du président Félix-Antoine Tshisekedi continue de susciter des réactions sur la scène politique congolaise. Dernière en date, celle d’Augustin Kabuya, président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), qui s’en est vivement pris aux avocats Bernard Maingain et Hervé Diakiese.
S’exprimant le mardi 20 octobre, lors d’une matinée politique organisée au siège de l’UDPS, à Limete, le responsable du parti présidentiel a mis en cause les motivations des deux avocats intervenant dans ce dossier judiciaire.
Augustin Kabuya a particulièrement ciblé Bernard Maingain, qu’il accuse de défendre les intérêts du régime rwandais. Il a invité l’opinion publique à s’intéresser au parcours de cet avocat belge, affirmant que son rôle serait de servir les intérêts de Kigali.
Le président intérimaire de l’UDPS a également critiqué Hervé Diakiese, qu’il présente comme un avocat de l’opposant Moïse Katumbi. Selon lui, la présence de ces deux avocats dans cette affaire ne permettrait pas d’espérer une démarche impartiale.
Kabuya dénonce une campagne contre Félix Tshisekedi
Au-delà des avocats, Augustin Kabuya estime que les démarches judiciaires engagées en Belgique participeraient à une campagne destinée à discréditer Félix Tshisekedi.
Il établit un lien entre cette affaire, les intérêts politiques de certains opposants et les débats relatifs à une éventuelle modification de la Constitution en République démocratique du Congo.
Dans son argumentaire, il met notamment en cause les relations qu’il attribue à Moïse Katumbi, Joseph Kabila et Paul Kagame, considérant que leurs intérêts convergeraient dans une dynamique d’affaiblissement du pouvoir en place.
Le responsable de l’UDPS présente ainsi cette séquence judiciaire comme un nouvel épisode de la confrontation entre le camp présidentiel et ses adversaires politiques.
Il convient cependant de distinguer ces interprétations politiques des faits judiciaires établis.
Exploitation minière : Augustin Kabuya oppose l’ère Kabila à celle de Tshisekedi
Le président intérimaire de l’UDPS a également abordé la question de l’exploitation des ressources minières en RDC, estimant que la gestion actuelle devait être comparée à celle des années Joseph Kabila.
« Faites juste un tableau comparatif de l’exploitation minière actuelle et de celle sous l’ère Kabila, c’est le jour et la nuit », a-t-il affirmé.
Augustin Kabuya rejette par ailleurs les accusations visant la famille du président Tshisekedi dans ce domaine. Selon lui, les controverses actuelles relèveraient d’une volonté de salir le nom du chef de l’État.
« La famille n’a rien volé. Tout est monté pour salir le nom du président Félix Tshisekedi. Tout ceci, c’est à cause du changement de la Constitution », a-t-il déclaré.
Par ces propos, le dirigeant de l’UDPS entend défendre le bilan économique du pouvoir actuel et contester les accusations visant l’entourage présidentiel.
Toutefois, l’évaluation des deux périodes nécessite de s’appuyer sur des données précises concernant les contrats miniers, les recettes publiques, la production, les permis d’exploitation et la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Une bataille judiciaire aux répercussions politiques
Cette sortie d’Augustin Kabuya illustre une nouvelle fois l’imbrication des enjeux judiciaires et des rivalités politiques en RDC. Alors que le dossier belge concerne des procédures dont les contours exacts doivent être établis à partir de sources judiciaires, le camp présidentiel y voit une offensive contre Félix Tshisekedi.
Reste que les accusations visant Bernard Maingain, Hervé Diakiese, Moïse Katumbi, Joseph Kabila et Paul Kagame doivent être appréciées à la lumière d’éléments vérifiables et des éventuelles réponses des personnes concernées.
En définitive, Augustin Kabuya choisit la confrontation politique pour défendre le chef de l’État, en présentant le dossier des perquisitions en Belgique comme un enjeu dépassant le cadre judiciaire et s’inscrivant dans la lutte autour de l’avenir politique et constitutionnel du pays.
JS
