Longtemps associé presque exclusivement au diamant et à la MIBA, le Grand Kasaï pourrait bientôt s’imposer sur la carte mondiale du cuivre. Avec le lancement des activités de prospection du projet MICKA (Mines de Cuivre du Kasaï), la province du Kasaï-Oriental nourrit l’ambition de devenir un nouveau bassin cuprifère. À l’origine de cette initiative figure Louis Watum Kabamba, dont le parcours est déjà lié à plusieurs projets miniers d’envergure en Afrique.
Pendant plusieurs décennies, le Grand Kasaï a été identifié comme le berceau du diamant congolais, notamment grâce à la Minière de Bakwanga (MIBA). Mais cette image pourrait bientôt évoluer. Avec le lancement officiel des activités de prospection géologique du projet MICKA (Mines de Cuivre du Kasaï), à Miabi, dans la province du Kasaï-Oriental, une nouvelle perspective s’ouvre pour cette région longtemps considérée comme exclusivement diamantifère.




L’ambition du projet est de démontrer que le sous-sol du Grand Kasaï recèle également un important potentiel cuprifère susceptible de contribuer à la diversification de l’économie nationale et au développement de cette partie du pays.
Au-delà de l’enjeu géologique, l’attention se porte également sur le parcours de Louis Watum Kabamba. Au fil des années, celui-ci s’est forgé une réputation dans la conduite de grands projets miniers en Afrique. Son nom est notamment associé à la mine de Yatela au Mali, à Kibali Gold Mine dans le Haut-Uélé, au complexe cuprifère de Kamoa dans le Lualaba ainsi qu’à la relance de la mine de Kipushi (KICO) dans le Haut-Katanga.
L’un des exemples les plus marquants reste Kibali Gold Mine. Lorsque ce projet a été lancé, peu d’observateurs imaginaient qu’une des plus importantes mines d’or d’Afrique verrait le jour au cœur du Haut-Uélé.
Pourtant, le projet s’est imposé comme une référence mondiale. Depuis la coulée du premier lingot d’or en septembre 2013, Kibali produit plus de 600 000 onces d’or par an et a profondément transformé l’économie de cette province grâce à d’importants investissements dans les infrastructures, l’énergie et l’emploi.
Le même constat est souvent dressé pour Kamoa, devenu l’un des plus grands complexes cuprifères au monde, ainsi que pour la renaissance de la mine de Kipushi. Restée inactive pendant plus de trois décennies, cette exploitation de zinc a repris ses activités et ambitionne une production annuelle dépassant les 270 000 tonnes.
Fort de cette expérience, Louis Watum Kabamba mise désormais sur le potentiel du Grand Kasaï. Toutefois, le projet MICKA demeure à son stade initial. Les travaux de prospection devront confirmer la présence, l’étendue et la rentabilité économique des gisements de cuivre avant toute phase d’exploitation.
Si ces études s’avèrent concluantes, les perspectives pourraient être importantes. Les projections évoquent une production annuelle comprise entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre.
Le projet prévoit également d’importants investissements dans les infrastructures énergétiques, notamment une centrale hydroélectrique et des installations photovoltaïques destinées à soutenir l’industrialisation de la région.
Les retombées attendues sont considérables : création de milliers d’emplois directs et indirects, amélioration des infrastructures, augmentation des recettes publiques et diversification de l’économie d’une province marquée par le déclin de la MIBA.
L’avenir du projet dépendra des résultats des études géologiques et des différentes étapes de son développement. Mais une réalité s’impose déjà : le Grand Kasaï ne se présente plus uniquement comme une terre de diamant. Il affiche désormais l’ambition de devenir un nouveau pôle du cuivre en République démocratique du Congo, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de son histoire minière.
JS
