Saluant la convocation du Dialogue national par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la députée nationale de Budjala, Sakombi Moleka Cathy, apporte son soutien à une démarche qu’elle juge essentielle pour sortir durablement la RDC des cycles de crise. Tout en appelant à une participation inclusive des provinces, des femmes et de la jeunesse, elle met en garde contre un dialogue réduit au partage du pouvoir et plaide pour une refondation de l’État, fondée sur la souveraineté, la justice, des institutions solides et des engagements traduits en résultats concrets.
Communiqué de l’Honorable Sakombi Moleka Cathy
Chères Congolaises, chers Congolais,
Je salue la décision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo,de convoquer un Dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État. Je lui apporte mon soutien parce que je crois profondément que notre pays doit pouvoir se retrouver, dans le respect de sa souveraineté, autour de ce qui nous est commun : la République, son unité, l’intégrité de son territoire et l’avenir de notre peuple.
Je le fais en pensant d’abord à nos compatriotes de l’Est. Depuis plus de trente ans, une génération entière grandit avec la guerre, les déplacements, la perte de proches et l’incertitude. Des femmes ont subi des violences qui ont bouleversé leur existence, des familles ont été dispersées et des communautés vivent encore sous la menace des armes. Cette réalité ne peut devenir une fatalité congolaise.
Notre pays a déjà connu des dialogues, des accords et des compromis qui ont permis de traverser des périodes particulièrement difficiles. Pourtant, la paix durable reste à construire. Je retiens donc avec beaucoup d’intérêt ce constat posé par le Chef de l’État : nous avons trop souvent cherché à régler les crises par le partage du pouvoir sans consolider suffisamment l’État.
Je suis convaincue que la paix durable passe aussi par des institutions fortes, légitimes et capables de résister aux crises. Un accord politique peut répondre à une urgence ; des institutions solides protègent la République dans la durée. C’est cette exigence qui doit, à mes yeux, donner sa profondeur au Dialogue annoncé.
Ce Dialogue ne doit donc être ni une négociation de postes, ni un espace de repositionnement politique, ni une remise en cause des institutions issues du suffrage populaire. Il doit nous permettre de construire une paix qui ne prépare pas la prochaine crise, en travaillant sur les causes de nos fragilités et sur la capacité de l’État à protéger chaque citoyen, rendre justice et exercer pleinement son autorité sur l’ensemble du territoire national.
Je partage également le principe selon lequel les armes ne peuvent conférer une légitimité supérieure à celle que donne le vote des citoyens. La recherche de la paix est indispensable, mais elle ne peut faire de la violence une voie d’accès à ce que les mécanismes démocratiques n’ont pas accordé. La réconciliation doit rester possible, sans effacer la souffrance des victimes ni consacrer l’impunité pour les crimes les plus graves.
Je salue aussi la volonté de faire de ce Dialogue un processus inclusif, dont les premières consultations auront lieu dans les 26 provinces. Le Congo doit pouvoir parler depuis ses territoires et ses communautés. Comme députée nationale de Budjala, je sais combien il est essentiel que la parole de nos populations, y compris celles qui vivent loin des grands centres de décision, soit entendue et considérée dans les choix qui engagent l’avenir du pays. Budjala, comme chaque territoire de notre République, doit pouvoir porter ses attentes, ses réalités et sa vision du Congo.
Je tiens particulièrement à ce que les femmes congolaises occupent toute leur place dans ce processus. Elles ne doivent pas être uniquement évoquées comme victimes des crises. Elles sont des actrices de paix, de cohésion familiale et communautaire, de développement et de reconstruction. Leur expérience, leurs propositions et leur capacité à rapprocher les communautés doivent compter pleinement dans les consultations et dans les assises nationales.
À la jeunesse congolaise, et particulièrement aux jeunes de Budjala, je veux également dire : ce
Dialogue concerne directement votre avenir. Prenez votre place. Faites entendre vos idées, vos attentes et votre vision du pays que vous souhaitez construire. Une refondation de l’État qui ne donne pas une place réelle à sa jeunesse manquerait une part essentielle de sa mission.
Un autre engagement mérite toute notre vigilance : celui de traduire les conclusions des assises en actes. Des responsabilités clairement établies, des échéances, des objectifs mesurables et un suivi public sont annoncés. Notre pays ne manque pas de résolutions ; il a besoin que les engagements pris
produisent des résultats que les Congolais puissent constater.
Comme députée nationale de Budjala, je prendrai toute ma part lorsque le Parlement sera appelé à examiner les réformes relevant de ses prérogatives. Mon soutien à cette démarche s’accompagne d’une exigence : préserver notre souveraineté, renforcer nos institutions et faire de l’inclusivité une réalité.
Chères Congolaises, chers Congolais,
Je souhaite que ce Dialogue permette à notre Nation de se parler sans se déchirer, de rechercher la paix sans sacrifier la justice et de bâtir un État plus solide. Je refuse que nos enfants héritent, à leur tour, des mêmes guerres, des mêmes fractures et des mêmes promesses inachevées.
Nous leur devons une République démocratique du Congo souveraine, unie, juste, dotée d’institutions fortes et capable de garantir durablement la paix à chacune de ses filles et à chacun de ses fils.
Hon. Sakombi Moleka Cathy
Élue de Budjala/ Sud-Ubangi
