Procès François Beya en huis clos: Pourquoi veut-on la mort d’un porteur des secrets en silence et sans témoin ?
Au vu du feuilleton qui se déroule chaque jour dans l’appareil judiciaire de la République Démocratique du Congo, l’Etat de droit qu’a voulu le sphinx de Limete dont le fils a relayé le combat de son père est en passe de devenir un slogan creux au soir même du régime. Le rendez-vous, c’est demain.
En effet, la troisième audience du procès du conseiller spécial en matière de sécurité du Chef de l’Etat François Beya sur l’outrage et le complot contre le Chef de l’Etat a eu lieu le vendredi 24 juin à la haute cour militaire siégeant à la prison centrale de Makala a montré les couleurs de cet état des droits voulu par Etienne Tshisekedi dont le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi incarne le combat. On assiste à tout, sauf au dogme du patriarche Etienne Tshisekedi d’heureuse mémoire qui est difficile à matérialiser.
Un arrêt d’avant dire droit à discuter
Sans remettre en cause l’intelligence et l’expérience de ses hauts magistrats militaires, l’arrêt de cette cour est à discuter dans les salons juridiques. En effet, l’émotion était à son comble aux praticiens des droits sur le prononcé de l’arrêt avant dire droit de la haute cour militaire le vendredi dernier. Cette instance judiciaire a reconduit et a confirmé dans son arrêt avant dire droit, toutes les requêtes du ministère publique pour déclarer les exceptions soulevées par la défense fondées mais à rejeter. Exceptions soulevées quant à l’incompétence de la Haute cour à juger des civils qui sont François Beya et Guy Vanda, l’incompétence de la haute cour à juger les officiers supérieurs autres que les généraux de l’armée et de la police. L’absence d’éléments matériels du complot qui ne dit pas où, quand et avec qui François Beya se réunissait pour faire un complot surtout quel était le rôle de ce dernier dans ce complot. Quant à la liberté provisoire de François Beya, bien que sa fuite ne soit pas à craindre pour plusieurs raisons des éléments des droits et qu’il est très malade depuis janvier dernier, parce qu’il devrait être opéré en mi-février, la haute cour militaire l’a rejetée et confirmé toutes les PV et les pièces obtenues dans l’irrégularités par l’agence national des renseignements. La haute cour va jusqu’à déclarer le huis clos dans la suite du procès.Pour des praticiens des droits, cet arrêt est inique parce qu’il reconduit dans toutes les irrégularités ipso facto de la soutenance de l’organe de loi par des arguments des jurisprudences de 1901, 1964, 1974 alors contraire à la constitution de la République qui est la première source de droit en République Démocratique du Congo dont le Chef de l’Etat s’en sert pour assoir son état de droit.
Le huis clos pour tuer Fantômas silencieusement et sans témoin ?
Le caractère publicitaire de ce procès a été déjà lancé par la sortie médiatique du porte-parole du Chef de l’Etat sur les antennes de la télévision nationale pour annoncer les raisons d’arrestations de François Beya mais aussi et surtout le communiqué de la haute cour militaire sur la même chaine nationale annonçant le début du procès public de Fantômas François Beya. Alors qu’on y est déjà, le ministère public propose et obtient le huis clos pour des raisons d’ordre public.
Plusieurs questions sont sans réponses sur les arguments de huis clos. Alors que toute la presse même internationale et les réseaux sociaux divaguent en sens diverses sur les raisons de l’arrestation de sécurocrate du Président de la République Félix Tshisekedi. On se demande pourquoi veut-on maintenant caché la vérité sur ce fameux complot contre le Chef de l’Etat, alors que c’est le moment d’éclater la vérité dans un procès public pour arrêter des spéculations de tous genres ? Et les ironiques vont plus loin pour parler même du complot contre le fufu, c’est quoi cette histoire ! Pourquoi le huis clos maintenant alors que le peuple à soif de connaitre la vérité sur ces comploteurs. Qui voulait réellement et comment et pourquoi tuer le Président de la RDC ? Quel ordre public sera perturber si le procès est public aujourd’hui ?

Pour des observateurs juridiques rodés, il y a aucune raison ni jurisprudence en ce matière pour déclarer huis clos dans ce procès. Puisqu’il y a eu dans ce pays et dans un passé récent, non seulement des procès publics mais aussi et surtout transmis directement à la télévision sur des dossiers des complots contre le Chef de l’Etat ou encore des détournements des deniers publics où le nom du Chef de l’Etat était cité mais qui n’ont pas perturbé l’ordre public. Pour les rodés de la justice, le huis clos prononcé est pour tuer le grand sécurocrate congolais silencieusement et sans témoin.Le Président Fatshi autorise-t-il la mort silencieuse d’un vétéran de service secret pour faire plaisir aux caïmans du palais? S’interroge -t-on. Dans les salons juridiques et politiques du monde on ne se cesse de parler de François Beya Fantomas, puis que ce nom respectable et connu au Soudan, en Egypte, au Rwanda, en Angola, en Russie, au Royaume-Unis, en Israël, au Liban, aux USA, en France, en Allemagne, en Belgique, en Afrique du Sud et dans tous les services secrets du monde. On se demande comment un vétéran de service et porteur de secret de plus de quarante ans peut être sacrifié et exposé dans un plateau du désir pour assouvir aux appétits boulimiques des caïmans du palais ?

En le mettant devant la justice pour un soi-disant complot qu’aucun n’arrive à porter les éléments matériels du complot ni son rôle joué et surtout devant un procès à huis clos quand celui-ci est très malade, on se demande est-ce que le champion de l’Etat de droit, le Président de la République a-t-il autorisé la mort silencieuse de ce vétéran de service secret à ses caïmans ? Mais la vérité dans ce procès expéditive et huis clos et qu’il y a une main noire qui veut voir à tout prix la mort du conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité François Beya. Mais pour un expert Français des renseignements qui a requis l’anonymat, l’arrestation de François Beya est un conflit du palais que le Président de la République aurait géré pour l’efficacité de service car selon cet expert, on ne tue pas un vétéran de service secret pour une guerre du palais parce que son serment est plus qu’une richesse et la République aura besoin de l’un des histoires d’une manière ou d’une autre.
Betu Kemeso
