«Dans un contexte marqué par l’instabilité persistante de l’Est de la République démocratique du Congo, l’éducation se trouve à la croisée des chemins entre espoir et urgence. » Alors que le Nord-Kivu amorce une amélioration progressive, le Sud-Kivu sombre dans une crise qui fragmente tant l’accès à l’enseignement que la collecte d’informations précises. Ce contraste saisissant illustre la dualité d’un secteur éducatif ébranlé par des enjeux sécuritaires majeurs et des défis logistiques sans précédent.
«Au Nord-Kivu, malgré la fermeture de centaines d’établissements – réparties entre deux zones distinctes – l’engagement pour la réouverture des écoles reste palpable.» Certains établissements, utilisés temporairement pour abriter des déplacés internes, voient leurs salles de cours réaffectées durant les heures d’enseignement. Par ailleurs, des séquelles visibles de violences passées, telles que des dégâts structurels causés par des tirs et obus, appellent à des travaux urgents de réhabilitation, condition sine qua non pour assurer un environnement sécurisé aux élèves et enseignants.
«La situation au Sud-Kivu revêt une dimension alarmante, avec plus de 3000 écoles fermées et un nombre d’enfants privés d’éducation qui atteint des proportions critiques.» Dans cette province, l’impossibilité d’accéder à des données fiables et régulières s’ajoute à la présence inquiétante de groupes armés dans certains établissements, compromettant ainsi la continuité pédagogique. Des établissements occupés par des abris pour déplacés ou des forces armées témoignent d’un dérèglement total du système éducatif dans plusieurs zones du Sud-Kivu.
«Le ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté appelle à une mobilisation collective, tant sur le plan national qu’international, pour restaurer la continuité de l’apprentissage et renforcer la protection des écoles.» Face à ce déséquilibre, les autorités insistent sur la nécessité d’une réponse coordonnée en urgence afin de garantir le droit fondamental à l’éducation. Ce bilan dramatique, qui fait apparaître que plus d’un million d’enfants – incluant de très nombreuses filles – sont actuellement privés d’accès à l’école, appelle à une action immédiate et concertée pour transformer la tragédie en levier de développement.
CB
