La République démocratique du Congo s’apprête à assumer la présidence tournante de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes avec le Rwanda. En prélude au sommet prévu en juillet à Kinshasa, le secrétaire exécutif de l’organisation, João Samuel Caholo, a remis officiellement, le mercredi 18 juin, le rapport des travaux préparatoires à la Première ministre Judith Suminwa.
Lors de cette rencontre dans la capitale congolaise, le diplomate angolais s’est montré optimiste. « Nous sommes sortis avec une impression positive du gouvernement de la RDC qui appuie les initiatives de la CIRGL », a-t-il déclaré, saluant l’engagement de Kinshasa à faire avancer les dossiers régionaux dans une dynamique de coopération.
Cette transition intervient dans un climat géopolitique sous tension. Alors que Kigali accuse Kinshasa de collusion avec les FDLR, la RDC reproche au Rwanda l’exploitation illégale de ses ressources minières et son soutien au mouvement rebelle M23. Dans ce contexte, la présidence congolaise de la CIRGL revêt une portée stratégique bien au-delà d’un simple relais institutionnel.
Parmi les dossiers brûlants à l’ordre du jour du sommet figurera la question de l’exploitation illicite des minerais, un phénomène qui alimente les conflits armés dans la région. Le ministre congolais de l’Intégration régionale, Didier Mazenga, a rappelé que ce sujet avait déjà été formellement documenté. « Cela a été certifié, et très bientôt, cela sera validé par les chefs d’État et les gouvernements », a-t-il affirmé.
Judith Suminwa, de son côté, insiste sur la nécessité de renforcer les instruments de coopération. « Il faut que nous nous donnions les moyens de le faire fonctionner de manière efficace pour la paix et le développement de la région », a-t-elle déclaré, en évoquant les défis sécuritaires dans l’Est du Congo, théâtre de multiples violences armées.
Depuis la réunion intergouvernementale de novembre 2024 à Luanda, Kinshasa prépare méthodiquement cette passation de pouvoir. L’Angola, qui détient la présidence de la CIRGL depuis plus de deux ans, doit céder la place conformément au pacte fondateur de l’organisation qui fixe la durée du mandat à deux ans.
Créée pour répondre aux défis communs de sécurité et de développement, la CIRGL regroupe douze États membres. Elle constitue un cadre de dialogue et de coordination stratégique pour juguler les conflits, freiner les économies de guerre et favoriser la stabilité dans l’une des régions les plus instables du continent africain.
CB
