La République démocratique du Congo franchit une étape symbolique majeure dans la reconnaissance de son histoire douloureuse. Réunis en plénière ce vendredi 17 octobre, les députés nationaux ont adopté la recommandation portant reconnaissance du Génocost, terme désignant le génocide subi par les populations congolaises à la suite des guerres et agressions étrangères depuis la fin des années 1990. Défendue par le professeur André Mbata, président de la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ), cette initiative a été approuvée moyennant les amendements des commissions des Droits de l’Homme et de la PAJ, traduisant un large consensus parlementaire autour de la nécessité de restaurer la mémoire collective.
Par ce vote, la représentation nationale invite le gouvernement à poser des actes concrets pour honorer les victimes et consolider la vérité historique. Trois mesures principales ont été recommandées : la désignation d’une journée nationale de commémoration du Génocost, l’érection d’un mémorial national dédié aux victimes, et le lancement d’une vaste campagne de sensibilisation sur la mémoire, la paix et la justice transitionnelle. Ces actions visent non seulement à rendre hommage aux millions de Congolais disparus, mais aussi à affirmer la volonté du pays de lutter contre le négationnisme et l’impunité.
Cette reconnaissance parlementaire intervient dans un contexte où les voix se multiplient pour exiger la justice et la réparation face aux crimes commis sur le sol congolais. En adoptant cette recommandation, l’Assemblée nationale inscrit le Génocost dans le récit institutionnel du pays et ouvre la voie à une nouvelle ère de mémoire nationale. Une étape forte, à la fois politique et morale, pour un peuple longtemps meurtri, mais résolu à faire triompher la vérité.
CB
