La cour militaire de Kinshasa/Gombe a tranché jeudi 6 novembre 2025 dans le dossier impliquant Honorine Porsche, reconnue pour le braquage de la Rawbank de la place Victoire, et plusieurs militaires des FARDC accusés de mauvais traitements lors de son interpellation. Après des semaines d’audiences, le tribunal a rendu un verdict qui illustre la responsabilité pénale des forces armées en matière de respect des droits des détenus.
Cinq des neuf militaires poursuivis ont été déclarés coupables de diverses infractions. Parmi eux, le capitaine Mwabayipo a écopé de six mois de servitude pénale, tandis que l’adjudant-chef Tshanganu Mayigo a été condamné à douze mois, dont six avec sursis. Kamenga Mukela a reçu la peine la plus lourde : dix ans de prison pour attentat à la pudeur, auxquels s’ajoutent cinq ans pour violation des consignes. Les sergent Mbaki Ndombasi et le 2ᵉ classe Modaya Kengo ont été condamnés à un an de servitude pénale chacun pour non-dénonciation d’une infraction. Les frais d’instance ont également été fixés à 200.000 FC par la cour.
Quatre autres militaires le colonel Mumesa Kimpwene, Tshiendela Kayembe Guy, le capitaine Kongawi Baba Ferdinand et le sous-lieutenant Longongo Omari Idrisa — ont été acquittés, faute de preuves suffisantes. La cour a donc décidé de « les renvoyer de toutes poursuites », mettant fin à leur implication dans ce procès très médiatisé.
Au-delà des sanctions pénales, la juridiction militaire a reconnu l’action civile introduite au nom de la victime. Kamenga Mukela, condamné pour attentat à la pudeur, devra verser à Honorine Porsche une indemnité de 5.000 dollars américains, montant à convertir en francs congolais conformément à la législation locale. Cette décision marque une avancée notable dans la reconnaissance des droits des victimes face aux abus des forces armées.
CB
