L’émir de l’État du Qatar a entamé jeudi 20 novembre une tournée diplomatique en Afrique centrale, avec une première étape à Kigali où il a été reçu par le président rwandais Paul Kagame. Ce déplacement précède sa visite à Kinshasa, prévue vendredi 21 novembre, une première dans la capitale congolaise pour le dirigeant qatari. L’objectif affiché : renforcer le dialogue entre la RDC et le mouvement armé M23, alors que les tensions persistent et que Kinshasa continue d’accuser Kigali de soutenir indirectement les rebelles.
Le 15 novembre, à Doha, l’émir avait supervisé la signature d’un accord-cadre entre Kinshasa et le M23, fruit de plus de six mois de négociations intenses. Présenté comme une feuille de route pour apaiser les hostilités, ce texte peine à produire des résultats tangibles, les divergences entre les deux parties ralentissant la mise en œuvre des engagements pris. Face à ce blocage, Doha envisage désormais de transférer les discussions sur le continent africain pour relancer le processus de paix.
La visite à Kigali puis à Kinshasa s’inscrit dans cette dynamique. Elle marque la volonté de l’émir de renforcer le rôle des acteurs africains dans la résolution du conflit et de rapprocher les positions des parties prenantes. Au Rwanda, les discussions devraient porter sur l’implication régionale et la coordination avec les initiatives africaines déjà en cours pour stabiliser l’est de la RDC.
À Kinshasa, l’accent sera mis sur les moyens concrets de mettre en œuvre l’accord signé à Doha et sur la planification des prochaines étapes du dialogue. Cette mission souligne l’importance croissante de la médiation internationale, mais aussi la nécessité d’un engagement africain direct pour garantir une paix durable dans la région.
CB
