La tuberculose refait parler d’elle à la prison centrale de Mbuji-Mayi, mettant en lumière la fragilité du système de santé au sein de cet établissement pénitentiaire. Quelques mois seulement après une vaste campagne de dépistage organisée en mai, la maladie infectieuse continue de toucher un nombre préoccupant de détenus.
Selon les autorités sanitaires provinciales, environ 8 % des prisonniers seraient actuellement atteints de la tuberculose. Une situation confirmée par le ministre provincial de la Santé, qui rappelle que ce chiffre est issu des résultats du contrôle sanitaire semestriel mené dans la prison. Ces données traduisent une persistance inquiétante de la maladie malgré les efforts de dépistage.
Au-delà des chiffres, c’est surtout la qualité de la prise en charge qui suscite l’inquiétude. Le docteur Daniel Kazadi, ministre provincial de la Santé, déplore des conditions de suivi médical largement insuffisantes. Les détenus diagnostiqués positifs continuent de vivre dans les mêmes cellules que les autres, sans mesures efficaces d’isolement, favorisant ainsi la transmission de la tuberculose.
Cette promiscuité, combinée au manque d’infrastructures sanitaires adaptées, entretient un cycle de contamination difficile à briser. Pour les autorités sanitaires, administrer les médicaments ne suffit pas : l’absence de stratégies concrètes pour interrompre la chaîne de transmission constitue une forme de négligence de la santé des prisonniers.
Face à cette situation, le gouvernement provincial assure que des mesures sont en cours d’examen afin d’isoler les cas confirmés et de renforcer la prévention. Un défi majeur, alors que la prison centrale de Mbuji-Mayi accueille plus d’une centaine de détenus, dans des conditions où la santé demeure un enjeu largement sous-estimé.
Nathan Mbuyi
