Face à la multiplication de déclarations publiques jugées hasardeuses au sein de son gouvernement, le président Félix Tshisekedi a décidé de reprendre fermement la main sur la communication officielle, en particulier sur les dossiers sensibles liés à la sécurité, à la défense et à la diplomatie. Lors du Conseil des ministres du vendredi 9 janvier, il a été acté que toute prise de parole sur ces sujets devra désormais passer par un mécanisme de concertation préalable, placé sous la coordination de la Présidence, de la Primature et du ministère de la Communication. Cette mesure vise à éviter les dissonances et à préserver la crédibilité de l’État sur la scène nationale et internationale.
Cette reprise en main intervient après plusieurs sorties médiatiques qui ont mis l’exécutif dans une position inconfortable.
Les propos récents du ministre de l’Agriculture sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, largement relayés et commentés, ont suscité une vive polémique. Jugées imprécises et fondées sur des informations non vérifiées, ses déclarations ont été perçues comme affaiblissant le moral des forces armées et alimentant la communication des groupes rebelles, provoquant une vague de réactions critiques dans l’opinion publique.
Dans le même élan, les interventions publiques du ministre du Budget, Adolphe Muzito, ont accentué le malaise au sommet de l’État. En tenant des propos jugés politiquement sensibles confirme-t-on à la Présidence, notamment sur Joseph Kabila et sur des chiffres liés au financement des forces armées, il aurait franchi une ligne rouge en exposant des informations relevant de la sphère stratégique.
Pour l’entourage présidentiel, ces dérapages successifs justifient l’instauration d’un cadre strict, afin que la parole gouvernementale soit désormais maîtrisée, cohérente et pleinement alignée sur les intérêts supérieurs de l’État, dans un contexte sécuritaire et diplomatique particulièrement délicat.
CB
