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Procès “des Enfants chillers” : la demande excessive de 3,4 millions de dollars de Marie-Ange Mushobekwa suscite des interrogations

La plaidoirie de la partie civile dans le procès dit “des Enfants chillers” a marqué l’audience de ce jeudi 30 avril 2026. L’avocat de Madame Marie-Ange Mushobekwa a réclamé 3,4 millions de dollars américains à titre de réparation, soit un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère. Au taux de 2.323 CDF, cela représente 7.898.200.000 francs congolais.

Une somme présentée comme réparation des préjudices

Le conseil de la partie civile a justifié ce montant comme une réparation “des douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”. Le dossier décrit des faits graves : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

Un écart entre les allégations et les constats médicaux

Le quantum réclamé a toutefois suscité des réactions dans la salle d’audience. Selon le médecin traitant, le Dr Yenga Mbuta Dosh Junior, le dossier médical ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture ni lésion grave. Les vidéos projetées lors de l’audience montrent des enfants éprouvés mais debout et capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement, alors que la plaignante avait affirmé que ses fils saignaient.

Cet écart entre la gravité des faits allégués et les constatations objectives soulève des questions sur la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Le rôle de Philemon Mambabwa toujours en débat

Quatre mois après l’ouverture du procès, aucun témoin n’a pu désigner formellement Philemon Mambabwa comme l’architecte des violences. Rien ne documente non plus un ordre explicite émanant de lui. Son récit, constant depuis le début de la procédure, n’a pour l’heure pas été contredit.

La crédibilité de la démarche en question

Les parties civiles disposent du droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée apparaît décorrélée de la matérialité des faits établis à l’audience, c’est la crédibilité de la démarche qui est interrogée. La défense, qui se dit prête à plaider, devrait aborder ce point dans les prochaines audiences.

Le procès se poursuit, au cœur d’un débat qui dépasse désormais le seul enjeu judiciaire pour toucher à la quête de justice et à la transparence de la procédure.

Espedi Saile

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