Face aux défis sécuritaires, politiques et institutionnels auxquels la République démocratique du Congo est confrontée, le débat sur la réforme constitutionnelle s’impose comme une question de souveraineté et d’adaptation de l’État aux réalités contemporaines. Dans cette tribune, le député Babangu Wababu Paul défend la nécessité de moderniser le cadre constitutionnel hérité de la transition de 2006, estimant qu’une nation en mutation ne peut rester prisonnière de textes conçus pour un contexte révolu. Il appelle à un débat démocratique ouvert, fondé sur l’intérêt supérieur de la nation et les aspirations du peuple congolais. Ci-dessous, sa tribune
L’essence et la beauté de la démocratie résident fondamentalement dans la tolérance, la liberté d’expression, de pensée et d’action.
C’est précisément au nom de ces principes qu’il convient d’analyser la volonté du gouvernement congolais de doter la République Démocratique du Congo d’un nouvel arsenal constitutionnel et juridique. L’objectif est d’adapter nos lois fondamentales aux réalités générationnelles actuelles, afin que le pays ne subisse plus les rigidités d’un texte qui a largement montré ses limites opérationnelles.
Cette démarche s’inscrit parfaitement dans la lignée de la pensée du célèbre homme d’État américain Thomas Jefferson, pour qui les lois et les constitutions doivent évoluer au même rythme que l’esprit humain.
Une génération ne peut indéfiniment soumettre les générations futures à des textes sacralisés qui ne répondent plus aux impératifs du présent.
Il sied de rappeler que la Constitution du 18 février 2006 a été élaborée dans un contexte politique sui generis, marqué par la transition, le compromis post-conflit et la recherche d’un équilibre précaire entre belligérants.
Vingt ans plus tard, la donne a radicalement changé. La RDC fait face à des défis existentiels majeurs : l’agression rwandaise par le biais de ses supplétifs du M23, l’occupation d’une partie de notre territoire, la persistance des menaces terroristes des ADF-MTN, ainsi que l’activisme de groupes armés locaux réfractaires aux différents processus de paix.
Face à cette crise sécuritaire et humanitaire sans précédent, le cadre constitutionnel actuel s’avère incomplet pour garantir pleinement la souveraineté et la défense de la patrie. Il nous faut une Constitution de résilience, d’unité et de souveraineté.
Sur le plan politique, force est de constater l’attitude paradoxale d’une certaine opposition.
D’un côté, certains compatriotes ont choisi de pactiser avec les ennemis de la nation, s’inscrivant dans une quête du « pouvoir pour le pouvoir », dénuée de toute volonté réelle de servir le peuple souverain. De l’autre, on observe que les opposants les plus farouches au changement constitutionnel se recrutent parfois parmi ceux qui, parrainant l’opposition armée, ont ensanglanté l’Est du pays.
Aujourd’hui, ils tentent de s’ériger en donneurs de leçons morales et juridiques.
Le débat constitutionnel ne doit pas se confiner dans le confort des salons de l’exil, où certains profitent de ressources détournées au détriment du contribuable congolais sous les régimes passés.
La démocratie exige du courage et de la redevabilité. C’est ici, sur le sol national, face au peuple congolais qui endure les affres de la guerre, qu’ils doivent venir justifier leur refus de voir le pays se doter d’institutions plus fortes et adaptées.
C’est devant ce peuple, et non par procuration, qu’ils devront répondre de leurs choix.
Honorable BABANGU WABABU Paul, Député National & PCA/CNSS.
