Longtemps confronté à l’essoufflement de ses infrastructures, au manque d’équipements et à de fortes contraintes financières, l’Office national des transports (ONATRA) cherche à retrouver une nouvelle dynamique. Sous la direction de Martin Lukusa, la relance du ferroviaire et la modernisation des activités de l’entreprise publique apparaissent comme les principaux leviers d’un changement qui se veut progressif, malgré des défis encore nombreux.
Pendant des années, l’ONATRA a accumulé les difficultés, au point de voir ses capacités opérationnelles fortement affectées. Réseau ferroviaire vieillissant, équipements à renouveler, contraintes de financement et préoccupations sociales ont progressivement pesé sur le fonctionnement de cette entreprise stratégique.
C’est dans ce contexte que la direction conduite par Martin Lukusa entend imprimer une nouvelle orientation à l’Office. L’ambition consiste notamment à restaurer les capacités de production, améliorer les conditions d’exploitation et redonner davantage de visibilité aux différents services de l’entreprise.
Le retour du train comme symbole d’une relance
À Kinshasa, la reprise du trafic ferroviaire constitue l’un des éléments les plus visibles de cette nouvelle séquence. Dans une ville où les embouteillages et la croissance démographique compliquent chaque jour davantage les déplacements, le rail représente un outil important pour renforcer l’offre de transport collectif.
La remise en service des trains ne signifie toutefois pas que tous les problèmes sont réglés. L’exploitation d’un réseau longtemps confronté au manque d’entretien expose nécessairement l’entreprise à des contraintes techniques. Les incidents qui surviennent doivent donc servir de signal pour accélérer les efforts consacrés à la maintenance, à la sécurité et au renouvellement des équipements.
L’enjeu est surtout de parvenir à transformer une reprise ponctuelle en véritable service public régulier, fiable et durable.
Une entreprise au cœur des ambitions nationales
La transformation de l’ONATRA dépasse la seule question du transport urbain. Avec ses activités ferroviaires et portuaires, l’entreprise occupe une place stratégique dans la circulation des personnes et des marchandises.
La modernisation de ces secteurs rejoint ainsi les priorités nationales en matière d’infrastructures et de mobilité portées par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour la direction générale, le défi consiste désormais à donner une traduction opérationnelle à ces orientations : réhabiliter les infrastructures, améliorer les capacités logistiques et renforcer progressivement la qualité des services.
Derrière les infrastructures, la question des travailleurs
Aucune relance durable ne peut cependant faire abstraction de la situation du personnel. Les revendications des agents et les préoccupations des retraités demeurent au cœur des enjeux internes de l’entreprise.
Le dialogue social apparaît dès lors comme un élément essentiel pour accompagner les transformations en cours. Quant aux éventuelles mesures disciplinaires visant certains agents, elles doivent être appréciées au regard des faits et des procédures applicables, afin d’éviter les jugements hâtifs.
Transformer l’essai
Le véritable test pour l’équipe dirigeante sera désormais de maintenir la dynamique et de l’inscrire dans le temps. Relancer un service est une première étape ; le rendre fiable, performant et durable en est une autre.
Pour l’ONATRA, la priorité est donc de consolider les acquis, poursuivre les investissements et améliorer continuellement les prestations destinées aux usagers.
Après des années marquées par de fortes difficultés, la gestion de Martin Lukusa cherche ainsi à ouvrir une nouvelle séquence pour l’entreprise. Reste à savoir si cette dynamique permettra, sur la durée, de restaurer pleinement les capacités de l’ONATRA et de faire de nouveau de cette entreprise publique un maillon essentiel du transport en République démocratique du Congo.
Jeff Saile
