Face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur le Haut-Uélé et le Bas-Uélé, la Dynamique des Leaders Politiques et Communautaires de la Grande-Orientale interpelle le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Dans une déclaration rendue publique le 22 octobre 2026 à Kinshasa, cette structure sollicite l’examen de l’opportunité de décréter l’état de siège dans ces deux provinces. Elle condamne également la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, et appelle les forces vives de la région à faire bloc autour de la paix et de l’unité nationale.
« La Grande-Orientale a suffisamment payé le prix de la guerre »
Le message est clair : la Grande-Orientale ne veut plus replonger dans un nouveau cycle de violences. Marquée par des guerres successives, des massacres, des déplacements massifs de populations et la destruction d’infrastructures, cette partie de la République démocratique du Congo aspire désormais à la paix, à la sécurité et au développement.
C’est dans ce contexte que la Dynamique des Leaders Politiques et Communautaires de la Grande-Orientale exprime sa vive préoccupation face à l’évolution de la situation politique et sécuritaire du pays, notamment après l’annonce de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), sous la direction de l’ancien président Joseph Kabila.
La structure condamne cette initiative, qu’elle considère comme une menace pour la paix, la stabilité des institutions et l’intégrité territoriale de la RDC.
« La Grande-Orientale a suffisamment payé le prix de la guerre. Ses populations aspirent aujourd’hui plus que jamais à la paix, à la sécurité et au développement, et non à un nouveau cycle de violences », insiste-t-elle dans sa déclaration.
Pour cette organisation, les enjeux actuels imposent davantage de responsabilité aux acteurs politiques, dans un contexte où les processus de Washington et de Doha sont présentés comme des voies de recherche d’une solution à la crise sécuritaire.
Haut-Uélé et Bas-Uélé : l’état de siège sur la table
Au-delà de sa prise de position politique, la Dynamique place la question sécuritaire au cœur de ses préoccupations. Elle attire l’attention des autorités nationales sur la situation dans le Haut-Uélé et le Bas-Uélé, où les populations restent confrontées à diverses menaces.
Face à ces inquiétudes, elle interpelle directement le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et lui demande d’accorder une attention particulière à ces deux provinces.
Sa principale recommandation : évaluer la possibilité de décréter l’état de siège au Haut-Uélé et au Bas-Uélé, conformément aux dispositions constitutionnelles.
Pour défendre cette proposition, la Dynamique évoque l’expérience de la province de l’Ituri, où l’instauration de l’état de siège a été accompagnée, selon elle, de certaines avancées dans la lutte contre les groupes armés.
Elle cite notamment les opérations militaires, la récupération d’armes, la reddition de combattants et le rétablissement progressif de l’autorité de l’État dans certaines zones.
Tout en reconnaissant que des défis sécuritaires persistent en Ituri, la structure estime que cette expérience mérite d’être prise en compte dans l’évaluation des mesures susceptibles de répondre aux menaces qui pèsent sur le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.
Cette demande place ainsi les autorités devant une question centrale : quelles mesures adopter pour mieux protéger les populations de ces deux provinces et prévenir une nouvelle aggravation de l’insécurité ?
Un appel à l’unité face aux tensions politiques
La Dynamique ne limite pas son appel au seul pouvoir central. Elle exhorte également les notables, les responsables politiques et sociaux, les élus nationaux et provinciaux, les autorités coutumières ainsi que les leaders communautaires de la Grande-Orientale, toutes tendances politiques confondues, à privilégier l’unité, la responsabilité et la vigilance.
L’objectif affiché est d’éviter que les divergences politiques ne fragilisent davantage la cohésion nationale ou ne compromettent les efforts en faveur de la paix.
Pour cette structure, la défense de l’intégrité territoriale et la stabilité des institutions doivent demeurer des priorités, au-delà des appartenances et des intérêts politiques.
Elle appelle ainsi toutes les forces vives de la Grande-Orientale à se mobiliser pour préserver la paix et soutenir les initiatives susceptibles de renforcer la sécurité des populations.
Un message adressé à Kinshasa
À travers cette déclaration du 22 octobre 2026, la Dynamique des Leaders Politiques et Communautaires de la Grande-Orientale adresse un double message aux autorités nationales : préserver la stabilité politique du pays et apporter une réponse appropriée aux préoccupations sécuritaires du Haut-Uélé et du Bas-Uélé.
Si la proposition de décréter l’état de siège constitue le point central de son plaidoyer sécuritaire, sa déclaration traduit également la volonté affichée de cette structure de voir la Grande-Orientale épargnée par de nouvelles violences.
« La Grande-Orientale ne veut plus de guerre. Elle réclame la paix, la sécurité et le développement. » C’est par cet appel que la structure réaffirme son attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et à la défense des institutions de la République.
Reste désormais à savoir quelle suite les autorités compétentes réserveront à cette demande, qui remet au centre du débat la protection des populations et les moyens de restaurer durablement la sécurité dans le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.
JS
