Après plusieurs mois marqués par des retards, des grognes sociales et des spéculations, le Comité de suivi de la paie (CSP) a brisé le silence. Dans un communiqué publié jeudi 30 avril, il annonce la clôture de la paie d’avril 2026 et surtout le retour au calendrier normal de paiement des agents et fonctionnaires de l’État.
« Aucun arriéré » : le Gouvernement veut tourner la page
Le CSP se veut rassurant. « Aucun arriéré vis-à-vis des opérateurs de paie », « rigueur », « parole respectée » : les termes sont forts. L’objectif affiché est clair : tourner la page des retards chroniques qui ont fragilisé l’administration publique depuis le début de l’année.
Le contexte était tendu. Entre la situation sécuritaire à l’Est, la mécanisation de nouvelles unités et la difficile harmonisation entre le budget et la politique monétaire, l’Exécutif évoluait sur un terrain complexe. Face à cela, les syndicats ne cachaient plus leur exaspération. Pour des milliers de fonctionnaires, recevoir son salaire à date fixe était devenu l’exception.
Reprendre la main sur le narratif
En affirmant avoir mis « toutes les enveloppes » à disposition des banques et en rappelant que le salaire « n’est ni une faveur ni un privilège », le CSP tente de reprendre la main. Le message est double : rassurer les agents et couper court aux « informations non vérifiées » qui circulent à chaque fin de mois sur les réseaux sociaux.
Le vrai test reste le terrain
L’injonction adressée aux banques et aux opérateurs de paie de « faire preuve de diligence » révèle une réalité bien connue. Débloquer les fonds à la Banque centrale ne garantit pas un versement immédiat au policier de Goma ou à l’infirmier de Mbandaka. Les lenteurs bancaires, les circuits de paie en provinces et les frais illégaux demeurent les principaux goulots d’étranglement.
La régularité, future preuve de crédibilité
Le retour au calendrier normal n’est pas encore une victoire, mais une exigence minimale. La crédibilité du Gouvernement se jouera sur sa capacité à maintenir ce cap en mai, en juin et au-delà. Un mois respecté après trois mois de retard, c’est un répit. Six mois de régularité, ce sera une politique.
Espedi Saile
