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Le martyr de Corneille Nangaa : abus de pouvoir signé Dénis Kadima !

Depuis quelques heures, Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante –CENI-, est dépouillé de tous ses gardes du corps. Les éléments commis à sa sécurité ont simplement été retirés pour des motifs non encore indiqués.

S’agit-il de la volonté d’empêcher un citoyen congolais d’exercer ses droits constitutionnels? Les observateurs ne se hasardent pas encore à donner une réponse.

Pour l’instant, l’on se limite à des bribes de réponses sur ce qui arrive présentement au président sortant de la Centrale électorale. Pour certains, «Corneille Nangaa devenu politicien opposant», n’a plus le droit de disposer des éléments de sécurité à charge du Trésor public. Oubliant que ce dernier a pourtant le droit d’avoir à ses côtés des gardes pour sa sécurité en raison des fonctions qu’il a eu à exercer à la tête de la Commission électorale nationale indépendante. Sans gardes, ce dernier est dès lors exposé à toute éventualité fâcheuse.

D’autres expliquent cette situation par les critiques sans ménagement faites par cet expert sur le processus électoral piloté actuellement par son successeur Denis Kadima.

Lors d’une interview accordée à une chaine de radio établie à Kinshasa, Corneille Nangaa avait mis en doute la qualité technique de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs en cours. Il interpellait son successeur sur les exigences politiques, techniques et opérationnelles de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs. Car, “Aujourd’hui, le processus achoppe sur trois dimensions techniques. Si vous analysez les trois dimensions, vous comprendrez que ce qui se fait est une blague”, déplorait-il. Après avoir fait état de la non-crédibilité de l’organe, il rappelait le caractère technique de l’enrôlement des électeurs qui comporte quatre enjeux importants. En dépit de la réplique faite par Didi Manara, actuel deuxième vice-président de la CENI, les analyses de Nangaa ont fait mouche.

Faire taire un opposant

Dans la foulée, l’ancien président de la CENI a lancé son parti politique dénommé « Action pour la dignité du Congo et de son peuple » –ADCP-, et a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle.

Dès lors, pour beaucoup, Corneille Nangaa a fait son entrée dans l’arène politique congolaise où de gros caïmans ne pouvaient que se méfier de lui.

Dans un discours prononcé au cours de la cérémonie de lancement de ce nouveau parti, le 26 février 2023, ce technicien des élections a affirmé que l’ADCP qui dispose déjà des représentations dans une bonne partie du pays, se prépare à participer aux prochaines élections à tous les niveaux. Et d’ajouter: « L’ADCP ne se veut pas un énième parti venu s’ajouter à la pléthore des partis enregistrés en RDC mais un parti pionnier d’une nouvelle génération d’acteurs politiques incarnant une nouvelle façon de faire la politique dans une perspective ethico-pragmatique avec un leadership visionnaire et responsable».

A l’en croire, son parti politique veut répondre à deux préoccupations majeures.

La première est liée au redressement de l’État et la réhabilitation de la plénitude de ses fonctions régaliennes, notamment l’armée, la police, l’administration et la justice.

La deuxième préoccupation touche à l’absolue nécessité de rompre avec l’extrême pauvreté qui avilit le peuple congolais et à celle de lui redonner sa dignité à travers le travail qui est le vrai facteur de production des richesses et du bien-être.

Il n’en fallait pas plus pour que l’ancien président de la CENI fasse l’objet d’ennuis de la part du pouvoir en place par le biais du bureau de la centrale électorale dirigé par Denis Kadima. Le retrait des gardes qui étaient commis à sa sécurité ne serait donc que le début d’un long processus visant à faire taire un opposant qui en sait trop sur la situation politique du moment. Pourtant, Corneille Nangaa se dit disposé à collaborer avec des partenaires pour leur expliquer le bien-fondé de sa démarche politique, ainsi que sa contribution à la résolution des problèmes qui se posent dans le pays.

Une obligation légale bafouée

Les observateurs ne s’expliquent donc pas qu’une obligation légale soit ainsi foulée aux pieds par Denis Kadima, alors qu’en sa qualité d’ancien président d’une institution, Corneille Nangaa a le droit de disposer des gardes pour sa sécurité. Le fait simplement d’avoir émis des critiques sur le processus électoral en cours, et d’annoncer sa candidature à la présidentielle, suffisent-ils pour lui faire subir ce calvaire?

Pourquoi tient-on à le mettre en danger, alors qu’il a contribué à la passation pacifique et civilisé du pouvoir au sommet de l’Etat?

Dans les rangs de Corneille Nangaa, l’on ne se trompe guère : il ne s’agirait là que d’une manœuvre politique. Nous y reviendrons

Jeff Saile

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