Rubrique :

Justice en RDC : Constant Mutamba sommé de démissionner dans 24 h

La pression est à son comble pour le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba. Accusé de détournement de fonds publics à hauteur de 19 millions de dollars, il est désormais contraint, selon la loi, de remettre sa démission. La date butoir est fixée à ce jeudi 22 mai. Au-delà de ce délai, il sera considéré comme démissionnaire de facto.

Cette mise en cause fait suite à une saisine formelle de l’Assemblée nationale par le procureur général près la Cour de cassation. En ligne de mire : un projet de construction d’une prison à Kisangani, évalué à 39 millions de dollars, dont la moitié des fonds aurait été décaissée sans contrôle administratif préalable.

Le cadre juridique est clair. L’article 80 de la loi sur la procédure devant la Cour de cassation impose aux membres du gouvernement – à l’exception du Premier ministre – de démissionner dans les 24 heures suivant leur mise en accusation. En cas d’inaction, leur démission devient automatique. Il revient ensuite à la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa, d’en tirer les conséquences administratives et politiques.

Au-delà de l’aspect légal, cette affaire marque un tournant pour Constant Mutamba, figure controversée mais influente de l’équipe gouvernementale actuelle. Populaire auprès d’une partie de l’opinion publique pour son ton direct et ses décisions musclées, il voit aujourd’hui sa carrière freinée par de lourds soupçons de gestion opaque.

Les fonds en question proviennent du FRIVAO, un mécanisme financier spécial placé sous l’autorité du ministère de la Justice. Cette particularité alimente le débat sur les mécanismes de contrôle interne au sein du gouvernement, dans un contexte de lutte contre la corruption souvent jugée inefficace.

Plusieurs voix s’élèvent pour appeler à la retenue. L’ASADHO, une organisation de défense des droits humains, insiste sur le respect de la présomption d’innocence, tout en appelant à la transparence et à des enquêtes rigoureuses si des fautes graves sont établies.

CB

dans la même rubrique

« Maîtrisez-les n’est pas torturez-les » : La Cour militaire siégeant à Ndolo acquitte Philémon...

L’épilogue judiciaire de l’affaire dite des « Enfants Mushobekwa » est tombé ce jeudi 4 juin 2026 à 13h20,...

Kisangani : la famille du Professeur-Magistrat Jean-Claude Pandatimu s’exprime publiquement après sa libération

Le Professeur-Magistrat Jean-Claude Pandatimu big wa Ganga a pris la parole devant la presse de la Tshopo et sa...

Deux ans réquis contre Philemon Mambabwa, trois ans contre les policiers : un réquisitoire qui...

Devant la Cour militaire siégeant à Ndolo, le Ministère public a requis, ce 7 mai 2026, deux ans de...

« Je suis innocent » : Philemon Mambabwa et les policiers face à l’accusation, le droit face...

"Acquittez-moi, je suis innocent." Ces mots de Philémon Mambabwa, prononcés en toute fin d'audience, résument la position d'un homme...

Procès des enfants chillers : Marie-Ange Mushobekwa politise l’affaire ets’agite sur les réseaux sociaux

À 48 heures d’une audience cruciale devant la Cour militaire de Kinshasa-Gombe, l’ancienne ministre Marie-Ange Mushobekwa multiplie les publications...

Procès “des Enfants chillers” : la demande excessive de 3,4 millions de dollars de Marie-Ange...

La plaidoirie de la partie civile dans le procès dit “des Enfants chillers” a marqué l’audience de ce jeudi...

Violences en structure médicale à Kinkole : Guillaume Ngefa saisit le Procureur Général pour enquête

Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a immédiatement réagi après la diffusion sur les...

Kisangani : l’activiste Me Christian Kambi Mateleka convoqué au parquet, la société civile se mobilise

Un nouveau dossier judiciaire suscite tension et inquiétude à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. L’activiste pro-démocratie Christian...