À l’occasion du troisième dialogue stratégique entre la France et le Qatar ce jeudi 12 avril, la situation tendue dans la région des Grands Lacs a occupé une place centrale. Les deux pays ont exprimé un engagement commun en faveur de la paix et de la stabilité entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, alors que les tensions continuent de faire rage à l’est du Congo.
Dans une déclaration conjointe publiée à l’issue de la rencontre, les ministres des Affaires étrangères français et qatari ont salué les efforts diplomatiques en cours pour apaiser les relations entre Kinshasa et Kigali. Le Qatar, de plus en plus actif sur le front diplomatique africain, mène depuis plusieurs mois une médiation discrète entre les deux voisins. Un rôle de facilitateur que Paris soutient pleinement.
La France a également mis en avant l’importance d’un dialogue élargi qui inclut les groupes armés opérant dans l’est de la RDC. L’Alliance du fleuve Congo, dont fait partie le M23 – mouvement rebelle au cœur de nombreuses violences – est ainsi directement concernée par les négociations en cours. La communauté internationale appelle à un cessez-le-feu global, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2025.
Les discussions de Doha du 30 avril dernier, réunissant autour de la même table les États-Unis, le Rwanda, la RDC, le Togo et la France, ont marqué un tournant. Si aucun accord n’a encore été officialisé, les échanges auraient permis d’avancer sur un cadre de dialogue permanent, selon des sources diplomatiques proches du dossier.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large du Qatar de jouer un rôle de médiateur sur les scènes africaines et moyen-orientales. Fort de son expérience dans la gestion de crises, l’émirat entend renforcer sa stature d’acteur global de la paix. Un positionnement que la France, qui cherche à renouveler son influence dans la région, voit d’un œil favorable.
Alors que les violences persistent dans le Nord-Kivu, cette dynamique diplomatique est perçue comme l’un des rares espoirs pour enrayer un conflit régional aux répercussions humanitaires désastreuses. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer si les engagements politiques peuvent enfin se traduire en actes sur le terrain.
CB
