Les États-Unis repositionnent leur influence en Afrique centrale en initiant des pourparlers directs à Washington entre des experts congolais et rwandais, une première depuis le début des tensions accrues entre les deux pays voisins. Après des semaines de communications virtuelles, ces discussions visent à aboutir à un accord de paix structuré et durable, selon les parties impliquées.
Derrière cette initiative, un objectif clair : redéfinir le rôle stratégique des États-Unis dans une région secouée par des conflits récurrents, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo. Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères, a souligné que ce processus vise un accord « global, réaliste et mutuellement bénéfique », qui sera examiné par les ministres avant d’être proposé aux chefs d’État.
Washington affiche une volonté politique forte. Jeudi, Troy Fitrell, haut responsable du Département d’État américain pour les affaires africaines, a révélé une feuille de route ambitieuse lors d’un forum de l’Africa Center. Il a mis en avant une stratégie américaine en six axes, mêlant diplomatie sécuritaire, investissements d’infrastructure et renforcement des échanges économiques.
Ce retour offensif de la diplomatie américaine s’appuie sur des résultats concrets : plus de 7 milliards de dollars d’accords signés depuis janvier 2025. Une dynamique qui donne du poids à l’accompagnement diplomatique de Washington, au moment où l’insécurité dans la région des Grands Lacs devient une préoccupation majeure pour la communauté internationale.
Le calendrier s’annonce serré. Les États-Unis espèrent obtenir un accord de paix entre Kinshasa et Kigali d’ici la fin juillet. Fitrell a reconnu la pression exercée sur les parties pour respecter ce délai : « Nous avons défini un calendrier agressif, mais nécessaire », a-t-il déclaré. L’objectif est d’éviter une escalade des violences et d’ouvrir la voie à une coopération régionale renforcée.
Au-delà du conflit RDC-Rwanda, cette démarche illustre la stratégie de long terme de Washington : se positionner comme un acteur crédible et incontournable, capable d’offrir des solutions durables, éthiques et économiquement avantageuses dans un contexte de rivalités géopolitiques croissantes sur le continent africain.
CB
