Dans un climat politique tendu en République démocratique du Congo, le tandem Félix Tshisekedi Vital Kamerhe se positionne en artisan majeur de la paix. Alors que le président de l’Assemblée nationale est la cible de virulentes attaques, notamment en lien avec un supposé sabotage des pourparlers de Doha ou une prétendue implication dans un coup d’État militaire, les faits révèlent une implication contraire : celle d’un homme profondément engagé pour une sortie pacifique de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
Vital Kamerhe, fidèle à sa ligne pacifiste, s’était montré en février dernier comme l’un des promoteurs d’un dialogue politique en réponse à la montée des violences de l’AFC-M23. Face à la prise de Goma et Bukavu par les rebelles, il avait affirmé, lors de la clôture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale : « Le Président veut négocier, et non vendre le pays ». Une déclaration forte destinée à rassurer la population sur la volonté du pouvoir en place de privilégier la vie des Congolais et la sauvegarde des infrastructures nationales.
Cet engagement a porté ses fruits avec la signature, à la fin du mois de juin à Washington, d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, sous la médiation américaine. Kamerhe n’a pas manqué de saluer cet accord qu’il qualifie de « jalon majeur dans la construction d’une réponse politique et diplomatique à la crise ». Un optimisme qu’il a réitéré lors de son discours à l’occasion de la fête de l’indépendance, quelques jours après la signature de l’accord.
Poursuivant son offensive diplomatique, Vital Kamerhe a défendu avec vigueur cet accord au 50e sommet de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, début juillet à Paris. Sa plaidoirie a permis l’adoption d’une résolution instaurant un groupe de suivi de l’accord RDC-Rwanda, sous les regards d’une Louise Mushikiwabo pourtant réputée proche du président rwandais Paul Kagame. « Il s’agit d’un appui fondamental jamais réussi et rendu possible grâce à la diplomatie parlementaire de Kamerhe », s’est réjoui un analyste congolais.
Dans ce contexte, l’ambassade de France en RDC a tenu à faire taire les polémiques en confirmant que la présence de Kamerhe à l’Élysée s’inscrivait dans le cadre officiel de la 50e session de l’APF. « Le président de l’Assemblée nationale a été reçu à l’Élysée comme les autres présidents de parlement présents », a précisé la représentation diplomatique, balayant ainsi les accusations de connivence ou de manœuvres obscures.
Reconnu pour son expérience dans les négociations de paix – des accords d’Amani à Sun City – Vital Kamerhe est présenté par plusieurs analystes comme un interlocuteur crédible dans les processus de sortie de crise en RDC. « Le temps a confirmé que Vital Kamerhe est bien un pacificateur », estiment-ils. Une reconnaissance qui renforce le positionnement de Félix Tshisekedi et de son allié politique comme piliers de la paix dans un pays à la croisée des chemins.
CB
