La Haute Cour Militaire de la République Démocratique du Congo a entamé, vendredi 25 juillet, l’examen du dossier judiciaire impliquant l’ancien président Joseph Kabila Kabange, aujourd’hui sénateur à vie. Cette procédure s’inscrit dans une série de vérifications administratives d’identification dans le cadre de l’affaire enregistrée sous le numéro RP.051/25. La juridiction militaire, siégeant en matière répressive au premier degré, a traité le dossier introduit par l’auditeur général du ministère public contre le sénateur Kabila.
Lors de cette audience, la Cour a établi de manière formelle l’identité de l’ancien chef de l’État. Joseph Kabila a été reconnu comme « fils de Laurent Désiré Kabila, décédé, et de madame Sifa Mahanya, encore en vie ; marié à madame Olive Lembe Kabila Kisita, père de deux enfants. Né à Hewa Bora, le 4 juin 1971, originaire de la province du Haut Lomami (Tanganyika), détenteur d’un doctorat en relations internationales de l’université de Johannesburg en Afrique du Sud ».
Cette clarification judiciaire contredit les récentes déclarations de Jean-Pierre Bemba, ministre de la Défense nationale, qui avait publiquement remis en cause la nationalité congolaise de Joseph Kabila. La position de la Cour a remis en question la crédibilité de Bemba, pourtant ancien collaborateur de Kabila durant la transition, entre 2003 et 2006. « Comment pouvait-il affirmer haut et fort que Joseph Kabila n’était pas Congolais, alors qu’il avait travaillé avec lui pendant 3 ans comme président et vice-président ? »
La sortie médiatique de Bemba, évoquant le nom de « Hypolite Kanambe » en référence à l’ex-président, a été perçue comme déplacée et politiquement risquée. « Empruntant même les termes des discussions de la rue, sans gêne, Jean-Pierre Bemba sort de sa bouche le nom de Hypolite Kanambe ! » Une attitude jugée inappropriée, surtout de la part d’un homme d’État occupant un poste de souveraineté.
Certaines voix, dans les milieux proches du pouvoir, estiment que Jean-Pierre Bemba sort affaibli de cette séquence. « Si la honte pouvait tuer, et si réellement Jean-Pierre Bemba était un homme d’État avec un sens d’honneur, il démissionnerait aujourd’hui de ses fonctions de ministre. Malheureusement, il n’y a pas d’homme d’État en RDC. » La controverse relance également les spéculations autour de son avenir politique, lui qui reste frappé par une condamnation pour subornation de témoins à la Cour pénale internationale, ce qui le rend toujours inéligible à ce jour.
« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose », ironise une source proche du dossier. Mais cette fois, la vérité judiciaire semble avoir eu raison des accusations. Le dossier sur la nationalité de Joseph Kabila, longtemps sujet à débat, est désormais « définitivement clos », tranche une source judiciaire. « Il est donc de père et de mère congolais ! »
CB
