La confirmation de l’exil forcé de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo relance le débat sur l’efficacité des services de sécurité congolais. Deux mois après sa disparition, son parti politique, Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), a affirmé ce samedi que son leader est « vivant et en sécurité », mais contraint de quitter le pays « sous pression des autorités ». Dans sa déclaration, le LGD dénonce un arrêt de la Cour de cassation qu’il qualifie d’ »inapplicable » et motivé politiquement, estimant qu’il viole les droits constitutionnels de leur président.
La réaction de Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, ne s’est pas fait attendre. Dans un message publié ce 4 août sur le réseau X, le défenseur des droits humains s’étonne du départ du sénateur sans que cela n’ait été détecté par les services compétents. « Comment a-t-il pu quitter le pays sans que les services d’immigration et de renseignement ne soient au courant ? », s’interroge-t-il, soulignant ce qu’il considère comme une défaillance grave dans le dispositif sécuritaire national.
Pour Katende, cette situation ne reflète pas seulement une faiblesse du système, mais laisse entrevoir un risque bien plus grand. Il évoque « la corruption ou la complicité » au sein des institutions de contrôle, et prévient : « Si une personne peut sortir du pays sans contrôle, d’autres peuvent y entrer de la même manière. » Dans un ton alarmiste, il remet en question la capacité de l’État à assurer la sécurité des citoyens : « Il ne reste qu’à compter sur Dieu pour notre sécurité et celle du pays. »
CB
