Le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi pour un détournement présumé de 19 millions de dollars, prend une tournure délicate. En pleine audience, mardi 5 août 2025, l’accusé a sollicité la récusation de deux juges de la Cour de cassation, qu’il accuse de partialité et de conflit d’intérêts. Selon sa correspondance déposée au greffe, ces magistrats entretiendraient une animosité ancienne envers lui, liée à ses réformes initiées lorsqu’il dirigeait le ministère.
La défense pointe également de graves dysfonctionnements dans la conduite du procès. Constant Mutamba déplore le rejet systématique de ses exceptions, notamment celles portant sur la saisine de la Cour et l’inconstitutionnalité du dossier. Il affirme, par ailleurs, avoir subi des menaces de la part d’un juge, tout en dénonçant un déséquilibre flagrant dans la gestion du temps de parole entre l’accusation et la défense. Autant d’éléments que l’ancien ministre considère comme des atteintes à son droit à un procès équitable.
Alors que l’audition des témoins se poursuit ce mercredi 6 août, la tension reste palpable. Le prévenu conteste la non-comparution de la majorité de ses témoins, au profit de ceux de l’accusation. Parmi les personnalités attendues à la barre figure notamment la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Le dossier porte sur l’utilisation controversée des fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani.
CB
