Le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, entre dans une phase cruciale. Après plusieurs semaines d’audiences et de témoignages, la Cour de cassation a fixé la reprise des débats au 13 août prochain. Une date qui pourrait marquer un tournant décisif avec les interventions attendues des avocats de la défense et du ministère public.
Lors de l’audience tenue mercredi 7 août à Kinshasa, la Cour a entendu une série de témoins-clés dans l’affaire du présumé détournement de 19 millions de dollars américains, fonds alloués à la construction d’un établissement pénitentiaire dans la province de la Tshopo. Une session chargée qui a permis à la haute juridiction de recueillir les éléments nécessaires à l’instruction.
Parmi les personnalités entendues figurent l’ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo, ainsi que plusieurs hauts responsables administratifs : le directeur général du Guichet unique de création d’entreprise (GUCE), le chef de la Division provinciale de la Justice dans la Tshopo, et la directrice générale adjointe intérimaire de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics. Les secrétaires généraux aux ministères de la Justice et des Infrastructures ont également témoigné.
Un absent notable a toutefois marqué cette audience : la Première ministre Judith Suminwa, dont la comparution avait été sollicitée par les avocats de la défense. Dans une correspondance adressée à la Cour, la cheffe du gouvernement a invoqué des impératifs d’État pour justifier son indisponibilité.
Ce procès, hautement médiatisé, met en lumière les soupçons de malversations financières au sommet de l’État et pourrait, à terme, avoir un impact sur la lutte contre l’impunité en RDC. La prochaine audience s’annonce décisive, avec l’attendu réquisitoire du parquet et les plaidoiries de la défense, qui tenteront de faire pencher la balance en faveur ou à la défaveur de Constant Mutamba.
CB
