La Ville de Kinshasa se retrouve au cœur d’un échange tendu entre le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, et le gouverneur Daniel Bumba, concernant la gestion des fonds destinés aux victimes des pluies diluviennes du 4 et 5 avril 2025. Dans une lettre officielle datée du 25 août 2025, M. Shabani avait sommé le gouverneur de fournir « un rapport détaillé sur la gestion de la crise humanitaire et des fonds mis à disposition par le gouvernement Central » dans un délai de 48 heures.
Face à cette exigence, le gouverneur Bumba a répondu le 7 novembre 2025 en rejetant toute responsabilité directe. Il rappelle que la crise a été gérée par une « Commission ad hoc placée sous votre Autorité », impliquant plusieurs institutions gouvernementales, et non par les services provinciaux seuls. Selon lui, le rôle de la Ville de Kinshasa se limitait à « évacuer en urgence les populations restées sans abris pour leur transfert vers les centres d’hébergement mis à disposition par le Chef de l’État. »
Dans sa réplique, Bumba insiste sur le travail des services spécialisés, notamment la Cellule Permanente d’Alerte et d’Urgence (CPAU), et précise que le rapport final sur la gestion des fonds est toujours en cours d’élaboration. « Les services des Finances près Votre ministère sont à pied d’œuvre pour produire le rapport final des opérations y afférentes que nous attendons tous », souligne-t-il, dégageant ainsi la responsabilité de l’administration provinciale dans la gestion directe des ressources.
Cette correspondance met en lumière les difficultés de coordination entre le gouvernement central et les autorités provinciales dans la gestion des crises humanitaires. Alors que le vice-Premier ministre réclame des comptes, le gouverneur insiste sur la nécessité de respecter les structures de gouvernance mises en place et sur le rôle de chaque institution dans la chaîne de prise de décision.
L’échange a été transmis pour information à plusieurs hauts responsables, y compris le président de la République et la Première ministre, marquant ainsi l’importance de ce dossier. L’attention reste désormais tournée vers la publication prochaine du rapport final, attendu pour clarifier la répartition et l’utilisation des fonds destinés aux sinistrés, et apaiser les tensions entre le gouvernement central et la Ville de Kinshasa.
CB
