Rubrique :

Point de vue OCC : quand le gardien méprise la santé des Congolais

L’Office congolais de contrôle –OCC-, censé être le rempart contre les produits de mauvaise qualité, est aujourd’hui au cœur d’un scandale retentissant.

La suspension de son directeur général – un cardiologue parachuté à la tête de l’institution- par le ministre du Commerce extérieur, suivie d’un mandat d’amener pour fautes lourdes de gestion, met en lumière une institution dévoyée, minée par la politisation et la mauvaise gouvernance.

Les Congolais, eux, paient le prix fort: leur santé est menacée par des produits douteux qui envahissent les marchés.

Au lieu de confier la direction à des cadres maison, expérimentés dans le contrôle des importations, l’OCC est devenu un terrain de clientélisme. Les nominations se font sur base d’appartenance politique ou de liens familiaux. Conséquences directes: des médicaments périmés et des denrées alimentaires de qualité douteuse circulent librement; des matériaux de construction non conformes sont écoulés, mettant en danger la sécurité publique.
Un syndicaliste de l’OCC, sous couvert d’anonymat, déclare: «Nous alertons depuis des années sur la gabegie financière et la mauvaise gestion. Nos rapports sont ignorés, pendant ce temps, des produits dangereux entrent sur le marché.»
Les syndicalistes dénoncent une gestion chaotique des ressources humaines et financières.

Des millions de dollars disparaissent dans des circuits opaques, tandis que les agents manquent de moyens pour effectuer correctement les contrôles. «L’OCC est devenu une vache à lait pour certains dirigeants. Les recettes ne profitent ni à l’État ni aux consommateurs», affirme un ancien cadre.

La suspension du directeur général est perçue comme une lueur d’espoir. Mais les Congolais attendent des actes forts: nommer des “fils maison”: des cadres formés et expérimentés, capables de restaurer la crédibilité de l’institution ; dépolitiser l’OCC: mettre fin aux nominations partisanes et au favoritisme familial; assainir la gestion: instaurer transparence et rigueur financière; écouter les syndicalistes: intégrer leurs alertes dans les réformes.
Un consommateur rencontré au marché de Gambela témoigne: «Nous achetons du lait en poudre et des médicaments sans garantie. L’OCC est censé nous protéger, mais il ne fait plus son travail. »
En conséquence, l’OCC ne peut plus continuer à être un instrument de carrière politique ou de favoritisme. Sa mission est trop cruciale: protéger la santé des Congolais. La suspension du directeur général doit marquer le début d’une refondation.

Les Congolais ne veulent plus de demi-mesures. Ils exigent une institution forte, compétente et transparente. Car chaque jour où l’OCC faillit à sa mission, c’est la santé de millions de Congolais qui est mise en péril.

YAMAINA MANDALA

dans la même rubrique

Est de la RDC : le Groupe de contact international presse les acteurs de privilégier...

Face à la persistance de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo, le Groupe de contact international...

James Swan : un Américain aux commandes de la MONUSCO, entre diplomatie et défis congolais

Un vent américain souffle désormais sur la MONUSCO. James Swan a été nommé ce jeudi par le secrétaire général...

Finances publiques : le gouvernement met l’accent sur la stabilité et les salaires

Le gouvernement congolais via sa Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, ce jeudi 5 mars 2026, la réunion...

RDC : l’Assemblée nationale se prépare à une session de mars sous le signe de...

À moins de deux semaines de l’ouverture de la session parlementaire fixée au 15 mars 2026, le Bureau de...

UNIKIS : deux étudiants de la faculté de médecine exclus pour une année académique

Le Comité de gestion de l’Université de Kisangani (UNIKIS) a décidé d’exclure temporairement deux étudiants de la Faculté de...

Université de Kisangani : la coopération scientifique entre la RDC et la France se consolide...

La collaboration scientifique entre la République démocratique du Congo et la France continue de se renforcer à travers des...

Crise dans l’Est de la RDC : Londres réaffirme son appui à l’intégrité territoriale congolaise

En visite à Kinshasa, la ministre d’État britannique chargée du Développement international et de l’Afrique, Jennifer Chapman, a réaffirmé...

Chute Mbombo à Kananga : le député Marcel Tshipepele annonce la relance de la centrale...

Le projet de la centrale hydroélectrique de Mbombo, situé à Kananga dans la province du Kasaï Central, pourrait bientôt...