La communauté universitaire de Université de Kisangani (UNIKIS), dans la province de la Tshopo, a été sensibilisée lundi à l’appropriation du concept Genocost, lors d’une conférence organisée par le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), en collaboration avec la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIAVAR).
Représentant le recteur de l’université, le professeur Katwala a souligné l’importance de faire connaître au monde les tragédies vécues par la République démocratique du Congo. Selon lui, la diffusion de ces connaissances au sein de la jeunesse permettra de faire naître une conscience nationale et de préserver la mémoire collective.
Il a également insisté sur le rôle essentiel de l’université dans la documentation scientifique des conflits, guerres et massacres ayant marqué l’histoire récente du pays, notamment dans la région de Kisangani. Les recherches menées par les étudiants, enseignants et chercheurs sont, selon lui, un levier important pour éviter que ces événements ne tombent dans l’oubli.
Intervenant au cours de la conférence, le directeur chargé des enquêtes et études au FONAREV, Blaise , a expliqué que cette initiative s’inscrit dans la mission de l’institution visant l’identification des victimes, leur réparation, l’accompagnement judiciaire et le plaidoyer pour la reconnaissance des crimes de masse commis en RDC. Il a également annoncé le lancement d’un programme de subventions de recherche destiné aux étudiants, chercheurs et centres de recherche.
De son côté, le professeur ordinaire Serge Makaya a clarifié la distinction entre les notions de génocide et de Genocost. Il a indiqué que le génocide est un concept juridique reconnu par le droit international, tandis que le Genocost constitue un label de commémoration et d’hommage aux victimes des crimes commis en RDC depuis plus de trois décennies.
Les participants, principalement des étudiants et chercheurs, ont salué l’organisation de cette conférence qu’ils considèrent comme une opportunité pour renforcer la recherche sur les conflits et les crimes de masse en RDC. Ils ont toutefois plaidé pour une augmentation de l’enveloppe financière destinée aux projets de recherche.
Cette activité s’inscrit dans un programme national du FONAREV visant à organiser des conférences similaires dans plusieurs universités du pays afin de promouvoir la mémoire collective et encourager la recherche scientifique sur les crimes de masse en RDC.
La conférence s’est clôturée par une séance de questions-réponses après le développement de trois thématiques principales : la mise en contexte Génocides–Genocost, l’intention génocidaire dans les massacres commis en RDC, ainsi que les mécanismes de subvention pour la recherche sur le Genocost.
Espedi SAILE
