Le député national élu d’Irumu, Me Paul Babangu, s’invite dans le débat sur l’avenir constitutionnel de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration politique, l’élu de l’Ituri dans le territoire d’Irumu et Président du conseil d’administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) appelle les députés et sénateurs de l’opposition à privilégier le débat au sein des institutions et invite les forces politiques de l’Union sacrée de la Nation ainsi que les organisations de la société civile à une grande mobilisation le 15 septembre 2026 au Palais du Peuple. Pour lui, le peuple doit être au cœur de toute démarche visant à faire évoluer l’architecture institutionnelle du pays.
Le débat sur l’avenir constitutionnel de la République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure. Me Paul Babangu, député national élu du territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, appelle les acteurs politiques à privilégier la voie parlementaire dans l’examen des questions liées au référendum et à l’évolution de l’architecture institutionnelle du pays.
Cette prise de position intervient alors que la proposition de loi initiée par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy, fixant les conditions d’organisation du référendum, doit faire l’objet d’une nouvelle lecture au Parlement après les réserves formulées par la Cour constitutionnelle.
La souveraineté populaire au cœur de son argumentaire
Dans sa déclaration placée sous le signe de la « mobilisation citoyenne », Me Paul Babangu s’appuie sur l’article 5 de la Constitution, qui consacre la souveraineté nationale comme appartenant au peuple.
Pour l’élu d’Irumu, ce principe doit constituer le socle de toute réflexion sur l’avenir politique et institutionnel de la RDC. Il salue, par ailleurs, l’esprit républicain du peuple congolais et son attachement aux institutions.
Le député adresse également un satisfecit au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme engagé dans la défense de l’indépendance de la justice et dans la préservation du rôle du Parlement.
Babangu met en garde contre toute manipulation de la justice
Me Paul Babangu appelle toutefois à la vigilance face à ce qu’il qualifie de « velléités de manipulation de la justice destinées à assouvir des intérêts partisans ».
Selon lui, les institutions doivent fonctionner conformément à leurs prérogatives et rester à l’abri de toute instrumentalisation politique.
Dans cette perspective, le débat sur le référendum doit, estime-t-il, respecter les mécanismes institutionnels et démocratiques prévus par la République.
Le député interpelle l’opposition
L’un des points forts de la déclaration de Me Paul Babangu concerne directement les députés et sénateurs de l’opposition.
L’élu d’Irumu les invite à exercer pleinement le mandat confié par leurs électeurs en prenant part aux discussions à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Pour lui, le Parlement constitue le cadre naturel de confrontation des différentes visions politiques sur les grandes questions nationales.
« C’est au sein de l’hémicycle que doit s’exprimer la contradiction démocratique », insiste-t-il.
À travers cette position, Me Paul Babangu estime que les parlementaires doivent assumer leurs responsabilités institutionnelles et éviter de substituer systématiquement les manifestations de rue au débat parlementaire.
Référendum : la proposition de loi de Ngondankoy au centre des discussions
Le député d’Irumu revient également sur la proposition de loi initiée par Paul-Gaspard Ngondankoy et relative aux conditions d’organisation du référendum.
Après les réserves formulées par la Cour constitutionnelle, le texte doit retourner devant le Parlement pour une nouvelle lecture.
Pour Me Paul Babangu, cette étape constitue une occasion de renforcer le débat démocratique au sein des institutions.
L’élu estime que les divergences sur le contenu et les implications de cette proposition doivent être confrontées dans l’hémicycle, dans le respect des procédures constitutionnelles et parlementaires.
Une mobilisation annoncée pour le 15 septembre
Au-delà du Parlement, Me Paul Babangu lance également un appel aux forces politiques de l’Union sacrée de la Nation ainsi qu’aux organisations de la société civile.
Il les invite à participer à une « grande mobilisation générale » prévue le 15 septembre 2026 dans l’enceinte du Palais du Peuple.
L’objectif affiché est de réunir les citoyens aux côtés de leurs représentants afin de faire entendre leur voix sur l’avenir institutionnel du pays.
Pour l’élu de l’Ituri, cette mobilisation doit également permettre de démontrer, au niveau national comme international, la détermination du peuple congolais à participer aux grandes décisions qui engagent son avenir.
« Se réapproprier son destin »
Me Paul Babangu place ainsi la notion de souveraineté populaire au centre de son appel.
Il invite les Congolais à démontrer leur volonté de « se réapproprier leur destin », dans le cadre des mécanismes démocratiques et institutionnels.
Cette démarche traduit clairement son soutien à une évolution de l’architecture constitutionnelle actuelle.
Le député estime que le peuple doit pouvoir être associé aux décisions portant sur l’avenir du pays et disposer des moyens d’exprimer sa volonté.
« Tourner définitivement la page » de la Constitution de 2006
La déclaration de Me Paul Babangu va plus loin lorsqu’il évoque la Constitution du 18 février 2006.
L’élu appelle à « tourner définitivement la page des rigidités » de cette Constitution.
Cette formulation donne une portée politique plus large au débat sur la proposition de loi relative au référendum. Elle renvoie à la possibilité d’une évolution profonde du cadre institutionnel de la République démocratique du Congo.
Pour Me Paul Babangu, cette évolution doit cependant être portée par la volonté populaire et s’inscrire dans un processus démocratique.
L’Ituri prend position dans le débat national
À travers cette déclaration, l’élu d’Irumu donne également une voix à l’Ituri dans un débat national qui touche directement à l’avenir des institutions.
Représentant d’un territoire confronté à d’importants défis sécuritaires et socio-économiques, Me Paul Babangu entend participer aux discussions portant sur les grandes orientations de la République.
Sa prise de position illustre ainsi l’implication croissante des élus issus des provinces dans le débat national sur l’avenir constitutionnel du pays.
Le 15 septembre comme nouveau rendez-vous politique
Avec son appel, Me Paul Babangu fixe désormais une échéance : le 15 septembre 2026.
La mobilisation annoncée au Palais du Peuple pourrait constituer un nouveau temps fort du débat sur la réforme constitutionnelle et le référendum.
Elle permettra également de mesurer la capacité des forces favorables à cette démarche à mobiliser leurs militants, leurs sympathisants et les organisations de la société civile.
Dans un contexte où la question constitutionnelle continue de susciter des positions divergentes au sein de la classe politique congolaise, la déclaration de Me Paul Babangu vient renforcer le camp favorable à une évolution du cadre institutionnel.
L’élu d’Irumu entend ainsi placer le peuple au centre du processus et faire du 15 septembre un moment de mobilisation politique et citoyenne.
Pour Me Paul Babangu, le débat sur l’avenir constitutionnel de la RDC doit se poursuivre dans les institutions, mais également avec une participation active du peuple congolais.
Jeff Saile
