En clôturant dimanche le Salon africain de la bande dessinée, des arts graphiques et de l’autre musique (SABDAM), organisé à l’Académie des Beaux-Arts, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a salué le dynamisme du neuvième art et son rayonnement au-delà des frontières. Il a consacré la capitale congolaise « capitale africaine de la bande dessinée » et appelé les artistes à mettre leur créativité au service de la transformation des mentalités et de la ville.



Kinshasa veut désormais compter parmi les grandes capitales africaines de la bande dessinée. C’est en substance le message porté par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki lors de la clôture de la deuxième édition du Salon africain de la bande dessinée, des arts graphiques et de l’autre musique (SABDAM).
Organisé à l’Académie des Beaux-Arts, l’événement a réuni des dessinateurs, auteurs, illustrateurs et acteurs culturels venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique, ainsi que de différentes villes de la République démocratique du Congo.
Accompagné de figures emblématiques de la bande dessinée congolaise, notamment Barly Baruti et Tembo Kash, Daniel Bumba a parcouru les différents espaces d’exposition et découvert les œuvres présentées au public.
La bande dessinée au service de la mémoire
Cette édition de SABDAM s’est également distinguée par la diversité des thématiques abordées par les artistes.
Certaines œuvres étaient consacrées à la mémoire des victimes du génocost et des violences dans l’Est de la RDC, donnant au rendez-vous une dimension à la fois artistique, historique et citoyenne.
À l’issue de sa visite, le gouverneur a consacré Kinshasa comme « capitale africaine de la bande dessinée », mettant en avant le dynamisme des créateurs et la portée internationale du salon.
Pour Daniel Bumba, l’accompagnement institutionnel demeure essentiel pour permettre à la culture de jouer pleinement son rôle dans la société.
« On ne peut pas parler de Kinshasa capitale de la bande dessinée africaine sans pour autant que l’aspect institutionnel soit présent. La culture, c’est tout ce qui nous reste quand on perd tout et nous savons que la vraie révolution est d’abord culturelle », a déclaré le gouverneur.
« Kinshasa Ezo Bonga » par la bande dessinée
Inscrivant son intervention dans sa vision « Kinshasa Ezo Bonga », Daniel Bumba a invité les professionnels du neuvième art à mettre leur talent au service de la transformation de la capitale.
Pour l’autorité urbaine, la bande dessinée possède un avantage majeur : la simplicité de son langage et la puissance de l’image, capables de toucher un large public et de contribuer à l’évolution des comportements.
Le gouverneur a ainsi encouragé les artistes à consacrer davantage de créations aux enjeux du quotidien : propreté, gestion des déchets, respect des passages pour piétons, ordre public, circulation ou encore protection de l’environnement.
L’objectif, selon lui, est d’accompagner les actions d’assainissement par une transformation durable des mentalités.
« Nous voulons que demain la bande dessinée puisse transformer la mentalité kinoise et accompagner tout ce programme qui est déroulé. Face à la gestion des déchets, si vous pouvez nous produire des dessins pour nous aider à transformer nos mentalités afin que nous puissions avoir une ville plus saine, plus moderne, dynamique et attractive, ça sera une très bonne chose », a-t-il souligné.
Un outil d’éducation civique
Au-delà du divertissement, Daniel Bumba voit ainsi dans la bande dessinée un véritable outil de communication publique, d’éducation civique et de promotion du vivre-ensemble.
Il a également invité les parents à encourager les enfants à lire des bandes dessinées, estimant que cette pratique peut contribuer au développement de leur imagination, de leur créativité et de leur goût pour la lecture.
Barly Baruti salue un « signal fort »
Initiateur de SABDAM, Barly Baruti a salué la présence du gouverneur de Kinshasa, qu’il considère comme un signal important pour les professionnels du neuvième art et pour la jeunesse.
Il a également relevé la dimension internationale de cette édition, avec la participation de délégations venues notamment du Sénégal, du Gabon, du Cameroun, de la République centrafricaine, du Mexique, ainsi que de Kisangani et de Lubumbashi.
« C’est un signe qui montre que nous ne sommes pas seuls, nous les gens du neuvième art, les dessineux. Ça va aider les jeunes d’aujourd’hui à se dire qu’on peut continuer dans ce métier parce qu’on est reconnu », a indiqué Barly Baruti.
La culture au cœur de la transformation de Kinshasa
À travers cette édition, SABDAM confirme sa vocation de plateforme de rencontres, de création et de réflexion autour de la bande dessinée et des arts graphiques en Afrique.
La présence du gouverneur a également permis de rapprocher davantage les initiatives culturelles des priorités de la ville de Kinshasa.
En clôturant sa visite, Daniel Bumba a résumé son message par une formule appelée à retenir l’attention : « Kinshasa Ezo Bonga par la bande dessinée ».
Une manière, pour l’autorité urbaine, de rappeler que la transformation de la capitale ne passe pas uniquement par les infrastructures et l’assainissement, mais également par la culture, la création et l’évolution des comportements.
Laurette Ngoma
