Alors que Kinshasa brandit la menace d’une remise en question de son appartenance à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en cas de reconduction de la Rwandaise Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat, la France multiplie les démarches diplomatiques en coulisses. Paris veut éviter une rupture avec la RDC, dont le départ constituerait un sérieux revers pour l’organisation francophone.
La tension monte au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Au cœur de cette crispation diplomatique : la perspective d’un troisième mandat de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’institution, une éventualité qui suscite une vive opposition du côté de Kinshasa.
La République démocratique du Congo ne cache plus son mécontentement. Face à la perspective de voir la diplomate rwandaise rempiler pour un nouveau mandat, les autorités congolaises menacent de reconsidérer la place du pays au sein de cette organisation internationale. Une position qui place l’OIF devant une équation diplomatique particulièrement délicate.
Consciente des conséquences qu’une éventuelle sortie de la RDC pourrait entraîner pour l’avenir et le rayonnement de la Francophonie, la France s’active pour désamorcer la crise.
Paris multiplie les initiatives diplomatiques en coulisses afin d’éviter une confrontation ouverte entre Kinshasa et l’organisation.
Cette mobilisation française traduit l’importance stratégique accordée à la préservation de l’unité de l’espace francophone, alors que la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et les relations particulièrement tendues entre Kinshasa et Kigali continuent de peser sur les équilibres diplomatiques régionaux.
Dans ce dossier, la France se retrouve ainsi face à un exercice d’équilibriste : préserver ses relations avec le Rwanda et l’actuelle secrétaire générale de l’OIF, tout en évitant de braquer la RDC, poids lourd démographique et politique de l’espace francophone.
La rencontre du 2 octobre 2026 entre le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et le président Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine, s’inscrit dans ce contexte diplomatique particulièrement sensible.
Kinshasa ira-t-il jusqu’à claquer la porte de l’OIF ? C’est désormais l’une des principales interrogations autour de ce bras de fer diplomatique, qui place Félix Tshisekedi, Paris et Louise Mushikiwabo au centre d’un dossier aux enjeux majeurs pour l’avenir de la Francophonie.
Jeff Saile
