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Point de vue: Thérèse Kayikwamba, une brave ministre des Affaires étrangères

Depuis l’accession de la RDC à l’indépendance, je ne connais pas une femme qui se sera ainsi distinguée dans la diplomatie congolaise. Certes, l’on me rétorquera que les différents régimes passés n’avaient pas laissé une place de choix à la femme congolaise pour occuper ce poste si délicat.
De même, depuis l’avènement de Félix Tshisekedi au sommet de l’Etat congolais, c’est la première fois qu’il se donne une brave ministre des Affaires étrangères. Tous les leaders politiques issus des regroupements qui composent l’Union sacrée de la nation, n’ont pas fait autant qu’elle.

En effet, Thérèse Kayikwamba Wagner fait la force de Félix Tshisekedi sur le terrain diplomatique. Pour relever la diplomatie congolaise qui avait visiblement du mal à faire accepter la thèse de l’agression de notre pays par le Rwanda via ses supplétifs de l’AFC/M23, le chef de l’Etat avait été bien inspiré de faire appel à cette brave dame pour conduire le secteur des Affaires étrangères. Sa bonne connaisseuse des arcanes de l’Onu, son franc-parler agace parfois les partenaires de la RDC.

Sans parti politique connu, elle se démarque tout au long de cette crise comme une personnalité politique de très bonne qualité, et une femme d’État qui porte les douleurs et les profondes revendications du peuple congolais dans les salons diplomatiques. Ses postures, son expression, ses mimiques à chacune de ses interventions traduisent une profonde indignation du peuple congolais face à l’attitude de la communauté internationale.

Aujourd’hui, elle a remporté une grande victoire au Conseil des droits de l’homme de Nations Unies en obtenant à l’unanimité la condamnation des actes du régime rwandais sur la population congolaise.

Au fil des jours, elle a prouvé qu’elle est la femme qu’il fallait à la tête de notre diplomatie. Dans les différents forums et espaces qui s’offrent à elle pour dénoncer l’agression rwandaise, ses interventions révèlent une femme calme, mais ferme, déterminée et offensive dans la défense de son pays. C’est la preuve qu’en RDC, il y a des hommes et des femmes qui se démarquent. Le problème est qu’on n’arrive pas à mettre chacun à la fonction qu’il mérite.

Lorsque Thérèse Kayikwamba a été nommée au ministère des Affaires étrangères, beaucoup ont douté de sa capacité à assumer cette charge et à relever le défi. Bien sûr, elle a un background et un bagage intellectuel plus que suffisants pour cette fonction, mais dans le contexte de la guerre dans l’Est de la RDC, très peu de gens ont cru en elle. Aujourd’hui, cette ministre a mis tout le monde d’accord. Les Congolais sont de plus en plus unanimes à applaudir son action à la tête de notre diplomatie. Pour eux, cette femme est à la hauteur des enjeux.
« Monsieur le Président, distingués membres du Conseil, l’histoire nous convoque aujourd’hui ici, dans cette enceinte où se scelle le destin des nations. Elle ne tolère ni l’indifférence ni l’hésitation. Malgré les alertes répétées du gouvernement congolais depuis 3 ans, ce Conseil est resté passif. Ce Conseil ne peut se contenter de déclaration de préoccupation ou de rester simplement saisi de la question. Son mandat, son devoir est de protéger la paix et la sécurité internationale, de défendre la vie humaine sans distinction d’origine, de race, de religion ou de genre. Ce Conseil est le garant de l’espoir et de la foi en des jours meilleurs, les jours de paix, de développement et de prospérité. C’est pourquoi, nous appelons ce Conseil à agir de manière décisive et immédiate, conformément aux preuves accablantes fournies par le dernier rapport du groupe d’experts », avait-elle dégainé face aux diplomates habitués à entendre des discours de ce genre. Mais, que cela vienne d’une femme, son intervention n’avait pas manqué d’émouvoir ceux qui égrènent le chapelet de bonnes intentions, sans les concrétiser.

La RDC peut donc s’estimer heureuse de disposer d’une femme qui n’avait pas attendu la masculinité positive, pour se former, apprendre des langues étrangères qui lui permettent de s’exprimer à l’aise devant plusieurs tribunes du monde. Par conséquent, à l’heure où les autorités morales des regroupements politiques défilent les uns après les autres devant le conseiller spécial en matière de sécurité en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale, Thérèse Kayikwamba n’a pas besoin d’être « consultée », elle devrait déjà avoir sa place dans la future équipe ministérielle.

YAMAINA MANDALA

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